Bilan

Conforama France racheté par But pour être plus forts à deux

Conforama sera finalement cédé à la maison mère de son concurrent But, les deux enseignes françaises espérant être plus fortes à deux face au géant suédois Ikea, au sein d'un secteur de l'ameublement qui compte sur le "Made in France" pour se relancer après la crise sanitaire.

Dans le cadre de cette opération, Conforama France obtient finalement un PGE de 300 millions d'euros, versés en deux fois.

Crédits: Keystone

Après plusieurs semaines de tractations, le groupe sud-africain Steinhoff a annoncé mercredi dans un communiqué qu'il cédait "100% de ses parts" dans Conforama France à Mobilux, une structure commune au groupe industriel autrichien Lutz, présent dans quinze pays européens, et au fonds américain d'investissement Clayton, Dubilier & Rice (CD&R), et propriétaire de But.

Steinhoff "a accepté de céder ses actions dans Conforama France, ainsi que certaines marques et noms de domaine associés, à Mobilux" pour un montant non communiqué, affirme le groupe sud-africain.

Conforama, contrôlée depuis 2011 par Steinhoff, avait mis en oeuvre un PSE homologué le 27 février prévoyant la fermeture de 42 magasins (enseignes Conforama et Maison Dépôt), ainsi que 1.900 suppressions de postes sur 9.000 en France.

Or ce PSE était suspendu à un prêt garanti par l'Etat (PGE), que l'enseigne réclamait et qui était devenu plus que nécessaire avec la crise sanitaire qui a contraint Conforama à fermer tous ses points de ventes pendant deux mois.

Dans le cadre de cette opération, Conforama France obtient finalement un PGE de 300 millions d'euros, versés en deux fois.

"Plan de relance"


Ces fonds permettront à Conforama "de finaliser son projet de restructuration et d'accompagner un ambitieux plan de relance post Covid-19", souligne Steinhoff.

Conforama France bénéficiera également "d'une augmentation de capital de 200 millions d'euros souscrite par Mobilux", dont 50 millions d'euros versés à la signature de la transaction, précise encore le communiqué.

Cette opération, "de dimension européenne compte tenu des chiffres d'affaires des entreprises concernées", doit encore être validée par l'Autorité française de la concurrence, qui avait annoncé fin juin avoir été saisie du dossier.

Cette reprise de Conforama, troisième en parts de marché sur le secteur en France, par son concurrent But, deuxième derrière Ikea, était privilégiée par les syndicats.

"L'entreprise pourra à nouveau espérer une reprise d'activité digne de ce nom, sans avoir à arbitrer les priorités au regard du retard de paiements de ses fournisseurs et pouvoir répondre aux attentes de ses clients restés fidèles malgré la conjoncture très difficile que Conforama a traversée", espère ainsi la CGT dans un communiqué.

Quant à FO, elle a estimé qu'avec cette signature, "les salariés de Conforama France, dans la tourmente depuis plus d'un an, mais aussi les entreprises hexagonales suspendues à (son) destin, vont enfin retrouver le sourire".

Conforama, ayant "une politique d'achat favorisant l'assortiment en provenance de l'industrie française", est en effet un "client important pour ses fournisseurs français", selon l'Ameublement français.

Deux entités distinctes


"Les dirigeants de Mobilux nous ont rassurés sur la poursuite de nos activités indépendamment de But et que les 2 entités garderaient leurs autonomies", assure également la CGT.

En 2019, les ventes de meubles ont progressé de 4,1% en valeur et le marché a franchi la barre des 13 milliards d'euros de mobilier domestique vendu, selon les chiffres de l'Institut d'études et de promotion de l'ameublement (Ipea).

Au mois d'avril, avec la fermeture des magasins, l'activité de la distribution d'ameublement domestique avait chuté de 84,9% selon l'Ipea, avoir déjà été en repli de 51,6% en mars.

En mai, précise l'Institut, malgré une réouverture des points de vente autorisée qu'à partir du 11 et des enseignes qui ont repris en ordre dispersé, le marché a nettement rebondi et "ne recule que de 0,7%".

Début juillet, une vingtaine d'enseignes ont signé un accord visant à promouvoir les produits "Made in France" en espérant que cette tendance, qui s'est renforcée pendant le confinement, leur permette de sortir de la crise, dans un marché toujours plus concurrentiel.

Avant le Covid-19, les industriels de l'Ameublement français fabriquaient 40% des meubles vendus en France: avec cette initiative, l'organisation espère désormais porter cette proportion à 50%.

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