Bilan

Commerce de détail: bataille pour la certification bio

La faîtière des producteurs bio de Suisse BioSuisse refuse la certification à l'entreprise allemande Aldi, qui parle d'une restriction à la libre concurrence.

Les produits bio sont demandés en Suisse. Selon les chiffres de BioSuisse, chaque consommateur y consacre en moyenne 280 francs par année.

Crédits: Keystone

Le distributeur Aldi et BioSuisse sont en désaccord depuis plusieurs années. Jusqu'à présent la faîtière des producteurs bio de Suisse refuse la certification à l'entreprise allemande. Aldi parle d'une restriction à la libre concurrence.

Dans une récente interview, le chef d'Aldi Suisse Timo Schuster a laissé libre cours à sa colère. Même si Aldi vend des produits de qualité 100% BioSuisse, il ne peut pas utiliser le logo correspondant, le bourgeon, a critiqué M. Schuster dans la Neue Luzerner Zeitung.

"Nous n'avons jusqu'à présent pas reçu de critères clairs à remplir, qui nous permettraient d'utiliser le label. On nous laisse sur la touche", souligne M. Schuster.

Plus d'engagement attendu

BioSuisse n'accepte pas ce reproche. "Nous sommes en contact régulier avec les responsables d'Aldi", a dit à l'ats le directeur Daniel Bärtschi. Mais Aldi ne remplit toujours pas les conditions pour la distribution.

"Nous attendons d'Aldi un engagement sur le long terme pour l'agriculture biologique, sans conditions préalables. Par exemple en soutenant des projets de recherche ou de sélection végétale, a dit M. Bärtschi.

Réglementation différenciée

La réglementation actuelle prévoit qu'Aldi peut se procurer et vendre des produits avec le bourgeon de bénéficiaires de licence agréés. Toutefois, le distributeur ne peut pas utiliser la marque pour de la publicité. Il doit recourir à son propre label. Cette réglementation, qui est valable depuis sept ans, est conforme aux prescriptions de la Commission de la concurrence (COMCO).

La politique des prix bas d'Aldi n'a aucune influence sur la politique d'attribution de BioSuisse. Elle ne pose pas de problème tant que les conditions cadres économiques et sociales sont justes.

Marché grandissant

Les produits bio sont demandés en Suisse. Selon les chiffres de BioSuisse, chaque consommateur y consacre en moyenne 280 francs par année. Près de la moitié achète chaque semaine des produits bio.

En 2015, le chiffre d'affaires avec les produits bio a augmenté de 5,2% à 2,3 milliards de francs. Elle atteint, avec 7,7%, sa plus haute part de marché.

La croissance est influencée surtout par les grands distributeurs. Coop est le leader avec une part de 45%. Mais Migros et les autres commerces de détail se rapprochent déjà.

Cela n'étonne donc pas que les "discounters" veulent aussi s'approprier une part de ce marché. Le concurrent d'Aldi, Lidl, est aussi en contact avec BioSuisse. Mais aucune des deux parties ne donne d'informations concernant les discussions en cours.

Lidl peut utiliser le logo au bourgeon uniquement sur les produits de marque, comme par exemple le lait bio d'Appenzell. Le groupe souligne toutefois que tous les produits bio suisses sont certifiés selon les directives de BioSuisse.

Denner avec IP-Suisse

La situation est tout aussi bloquée pour les deux entreprises allemandes avec IP-Suisse. Elles oeuvrent depuis des années pour une collaboration, en vain jusqu'à présent. Le label à la coccinelle s'oriente également vers une production respectueuse de l'environnement et des animaux. A la différence des produits bio, l'utilisation d'insecticides et de fongicides est autorisée.

La récente annonce d'une collaboration d'IP-Suisse et de Denner irrite Aldi et Lidl. Depuis début septembre, la filiale de Migros propose 30 produits IP-Suisse dans son assortiment. Elle peut aussi faire de la publicité en utilisant le logo et le terme "IP-Suisse".

Cette porte reste pour l'instant fermée pour Aldi et Lidl. Il n'y a pas de clause d'exclusivité avec Denner, a récemment dit le président d'IP-Suisse Jürg Stalder. Mais l'engagement des deux entreprises allemandes pour les producteurs suisses ne convainc pas encore.

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