Bilan

Comment Michel Walther a métamorphosé la Clinique de La Source

Le charismatique directeur de la Clinique de La Source s’apprête à passer le flambeau. En trente ans de carrière, il a métamorphosé l’établissement privé lausannois.

Michel Walther vient de gagner le Prix Esprix Swiss Award for Excellence.

Crédits: François Wavre/Rezo

Au moment d’entrer à la Clinique de La Source à Lausanne, en 1984, Michel Walther avait reçu une proposition d’Ikea. S’il avait refusé l’offre de travail de la célèbre enseigne suédoise, il a tout de même fini par «faire partie des meubles», comme il le constate en riant!…

En effet, il s’apprête à quitter la clinique lausannoise après trente ans, alors qu’il vient de gagner en mars le Prix Esprix Swiss Award for Excellence, dans la catégorie «Créer de la valeur pour les clients». «Pour les patients!», tient-il d’ailleurs à corriger.

Un établissement où il est entré un peu par hasard, ne connaissant «absolument rien» au milieu médical. Né en 1949 au Maroc, «des mains d’une Sourcienne» (sa tante, infirmière formée à l’Ecole La Source), il avait déjà bâti une solide carrière, malgré des débuts difficiles à son arrivée en Suisse à l’âge de 7  ans, après la mort tragique de son père. «Mon premier transistor, je l’ai gagné en lavant des bouteilles chez Schenk, à Rolle. Ma maman Simone, seule avec trois enfants, était en situation précaire.»

Après l’école hôtelière, Michel Walther a bourlingué des Bermudes au Canada, en passant par l’Australie. C’est d’ailleurs là qu’il s’est uni à son épouse Arlette (ils ont eu par la suite deux enfants, Sibylle et Philippe), avec pour témoins son patron et son voisin d’immeuble. Pour qu’elle puisse rester auprès de lui, il devait l’épouser dans les trente jours, il y avait urgence! Trente ans plus tard, le couple a d’ailleurs l’intention de repartir en pèlerinage en Australie…

Juste avant d’entrer à La Source, l’homme travaille pour Nestlé. Et vit les débuts de Nespresso aux côtés de Rolf Hemmeler, «l’homme qui a ressorti des tiroirs la capsule Nespresso, dont personne ne voulait entendre parler à l’époque». Ce côté audacieux et têtu, jusqu’au-boutiste, Michel Walther n’a pas manqué de le dévoiler durant sa carrière au sein de la clinique privée.

Lorsqu’il a monté sa table d’hôte, tant il était fier de son chef Eric Godot, par exemple. Ou lorsqu’il a refusé de redécorer la maternité avec des «trucs tricotés et des rubans», choisissant finalement des éclairages aux couleurs changeantes «comme au Flon», tout en offrant une carte du MAD aux jeunes parents. «On m’a dit: «T’es cinglé, mais on le fait!», sourit encore le directeur derrière ses lunettes. 

L’amour de l’être humain

Lorsqu’on lui demande quel est son moteur, il répond sans hésiter «l’amour de l’être humain». Michel Walther aime les gens, cela se remarque d’emblée. «Je me sens aussi bien avec les employés qui font la vaisselle qu’avec le directeur d’une banque. Je souhaite à tout individu d’apprendre des gens qui sont à côté d’eux. Les gens centrés sur eux-mêmes, ça me fait rire!»

A voir le résultat, ce moteur-là a parfaitement fonctionné. D’un hôpital vieillot sans réelle organisation, La Source, premier établissement privé de soins aigus pluridisciplinaires du canton, est passée loin devant. Un service d’une qualité irréprochable, un chiffre d’affaires de 106 millions, et 550 collaborateurs – sans compter les médecins indépendants. «On n’arrive pas à un tel succès si l’on n’est pas bien entouré. Mon conseil de fondation m’a toujours fait confiance. Etre leader, ce n’est pas juste de dire «je suis patron», c’est faire venir les gens avec vous.»

«Têtu et fidèle», Michel Walther a entamé en 2000 un long processus pour obtenir la certification du modèle d’excellence EFQM. «On ne fait pas du luxe, on fait de la qualité. Et on s’y est mis sérieusement en début 2000 en engageant une spécialiste pour nous accompagner. Nous avons gravi les échelons peu à peu, puis nous nous sommes présentés pour Esprix, considérés comme les Oscars de l’économie suisse. Recevoir cette distinction était un immense honneur.»

Prêt à transmettre le flambeau au nouveau directeur Dimitri Djordjèvic, Michel Walther ne pouvait imaginer meilleure façon de terminer trois décennies à prendre soin de La Source.  

Camille Destraz

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