Bilan

Comment les hautes écoles et universités sont évaluées

Choisir son école peut être un vrai casse-tête. La qualité de l’enseignement, les débouchés ou la taille de l’établissement ont leur importance. Quatre palmarès sont attendus avec impatience chaque année, mais se valent-ils réellement?

L’EPFL brille chaque année dans les classements, tout comme l‘ETHZ.

Crédits: Alain Herzog/EPFL

Les écoles polytechniques fédérales brillent dans les classements internationaux. Ceux qui comptent? Celui de Shanghai, de QS World Ranking, du Times et de Leiden occupent le haut du tableau, et sont régulièrement relayés sur le plan international. «Si vous êtes dans le top 100 ou 200, c’est déjà très bien», estime Isabelle Maye, membre du secrétariat d’Etat à l’éducation, à la recherche et à l’innovation et collaboratrice de University Rankings.ch. Ce site rassemble les classements des établissements helvétiques. Ces derniers occupent généralement une place de choix, preuve de la qualité de l’enseignement et de la recherche en général. «La Suisse a un très bon taux de citations de ses publications scientifiques», précise encore l’experte. La recherche figure d’ailleurs parmi les critères les plus impactants pour décider de la qualité d’une école.

1. Le rayonnement académique

Un article très cité est en général un article de qualité. Cela signifie que d’autres chercheurs s’y appuient pour mener à bien leurs propres recherches. Les papiers scientifiques sont largement pris en compte dans l’évaluation des universités et hautes écoles. Des classements comme ceux de Shanghai s’intéressent au nombre de papiers publiés dans Nature ou Science, les revues les plus prestigieuses. D’autres établissent un ratio du nombre de citations par département, afin de mesurer lesquels sont les plus visibles. Les classements de Leiden et Shanghai sont tout particulièrement centrés sur le rayonnement académique.

L’objectif est le même: il est de mesurer à quel point chaque école rayonne dans son domaine académique. Le classement général est relativement anecdotique. Ce qui compte réellement se trouve dans le détail. Une école peut être extrêmement forte en sciences sociales et bien plus faible en sciences naturelles, et inversement. Un étudiant a donc tout intérêt à prendre garde aux spécificités de chacun.

L’Université de Bâle se hisse dans le top 100 du Shanghai 2020 et Times 2021. (Crédits: Christian Bettinger)

2. Les récompenses individuelles

Dans le même ordre d’idées, les classements s’intéressent à la performance des individus. Quels prix ont été gagnés? Certains alumni ont-il obtenu un prix Nobel? Quels concours ont été remportés par les doctorants? Tout cela donne une indication sur le niveau de savoir et d’enseignement, comparé à d’autres. Si le prix Nobel peut amener une certaine notoriété, des experts en nuancent les vertus dans un pays comme la Suisse. La recherche se situe déjà à un excellent niveau. Preuve en est que bien des universités figurent parmi les 100 ou 200 meilleures au niveau mondial.

En 2017, Jacques Dubochet et son équipe gagnaient le Nobel de chimie. Le professeur a insisté à plusieurs reprises sur l’importance du travail d’équipe. Un reproche courant critiquant les prix individuels dénonce la «starification» de certains chercheurs. Les travaux scientifiques sont en effet le fruit de longues années de travail, et mettent à contribution bien des acteurs - techniciens comme chercheurs. Le prix Nobel a cependant amené un coup de projecteur sur l’Université de Lausanne (UNIL), qui est pour certains moins performante dans la branche que l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).

3. La population

Les personnes avec qui l’on étudie importent aussi. Au début d’une carrière académique, la question géographique compte beaucoup. Au moment de se spécialiser, il est toutefois intéressant de scruter la proportion d’étrangers. L’institut britannique de conseil aux hautes écoles Quacquarelli Symonds (QS) retient ainsi, parmi ses critères, la proportion d’étudiants internationaux ainsi que celle de collaborateurs venant de l’étranger.

La taille de l’université est quant à elle évaluée de différentes façons. Shanghai pondère par exemple ses chiffres sur les publications académiques en les divisant par les effectifs de l’établissement. Le QS regarde de son côté le nombre d’étudiants par professeur, de manière à donner une information sur l’accessibilité du corps enseignant.

La question des revenus et du financement est généralement perceptible dans celle de la performance académique. Le classement du Times s’appuie pourtant sur certaines données financières pour donner un ordre d’idées aux futurs chercheurs.

4. Les sondages

Une fois les études terminées, les personnes entrent dans le monde professionnel. L’avis des employeurs est pris en compte. Ces derniers répondent à un certain nombre de questions permettant d’établir leur satisfaction ainsi que la qualité de l’enseignement. Même démarche auprès des pairs, puisque les hautes écoles et universités se connaissent bien les uns les autres.

Les alumni peuvent également amener leur ressenti sur leur parcours au sein d’une école. Le Guardian, média de référence au Royaume-Uni, a par exemple établi son propre classement. Il stipule dans sa méthodologie qu’«au lieu de se centrer sur la recherche académique, nous prenons en compte ce qui compte le plus pour les jeunes: à quel point vous aurez un bon enseignement? Les étudiants actuels évaluent-ils bien leur cursus? Quelle université entraîne le plus de chances d’obtenir un bon travail?»

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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