Bilan

Coca-Cola limite les dégâts au troisième trimestre

Coca-Cola a pâti du ralentissement de la croissance mondiale et de la dépréciation des devises étrangères face au dollar américain.

Le dirigeant veut recentrer les activités sur la seule vente lucrative des sirops aux entreprises qui produisent, embouteillent et écoulent les boissons.

Crédits: Keystone

Coca-Cola, qui essaie d'améliorer la qualité de ses sodas, a annoncé mercredi des résultats meilleurs que prévu au troisième trimestre, malgré une faible demande dans les pays émergents.

Si le chiffre d'affaires a diminué de 7% sur un an à 10,63 milliards de dollars, il est néanmoins au-dessus des 10,51 milliards qui étaient anticipés par les marchés financiers. Le producteur de Sprite et de Fanta se félicite du fait qu'à périmètre et à effets de change constants ses revenus ont augmenté de 3%.

Coca-Cola a pâti récemment du ralentissement de la croissance mondiale et de la dépréciation des devises étrangères face au dollar américain. En effet, les revenus engrangés hors des frontières américaines dans des monnaies locales fondent quand ils ont été convertis en dollars. 

Or les ventes de sodas à l'international comptent pour 62% des ventes totales, tandis que l'étranger représente 40,2% du chiffre d'affaires du géant américain des boissons non-alcoolisées.

Lors du trimestre passé, les volumes de ventes ont progressé de 2%, grâce aux thés, eaux (Dasani) et autres boissons énergisantes (Powerade) alors que la demande pour les sodas a stagné.

Les ventes ont été particulièrement bonnes aux Etats-Unis, en Europe de l'ouest et au Japon, des régions dans lesquelles Coca-Cola a lancé des initiatives et de nouveaux produits dont il vante la réduction de la quantité de sucre. C'est le cas au Royaume-Uni de "Coca-Cola zéro sucre" par exemple.

Coca-Cola joue également sur le format et propose depuis quelque temps des canettes à partager et des mini canettes de 15 cl vendues souvent dans des kiosques miniatures comme en Allemagne. 

Objectif financier inchangé

Il développe par ailleurs son portefeuille de boissons non sucrées et a noué dans ce cadre un partenariat important avec la chaîne de fast-food américaine Dunkin' Donuts, qui va commercialiser cette nouvelle offre dans ses restaurants aux Etats-Unis.

Objectif: vaincre la réticence et répondre aux besoins des consommateurs, qui associent de plus en plus les boissons gazeuses sucrées à l'obésité et au diabète. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment préconisé des taxes sur les sodas pour en réduire la consommation, et indirectement l'augmentation de l'obésité.

Coca-Cola a encore du pain sur la planche aux Etats-Unis, où ont plongé les ventes de Coca Light (Diet Coke) dont les édulcorants sont dans la ligne des ONG de santé publique.

En Amérique latine, les volumes de vente sont affectées par la détérioration de la conjoncture au Venezuela où il a suspendu temporairement en mai sa production locale pour manque de sucre.

Pour limiter les dégâts et préserver ses marges, Coca-Cola a augmenté ses prix et cette stratégie semble porter quelque peu ses fruits puisque le chiffre d'affaires en Amérique latine n'a reculé que de 4% lors des trois derniers mois.

Le PDG Muhtar Kent mise surtout sur son plan de restructuration visant à céder les activités d'embouteillage en Chine et en Amérique du nord afin d'économiser 3 milliards de dollars d'ici 2020.

Le dirigeant veut recentrer les activités sur la seule vente lucrative des sirops aux entreprises qui produisent, embouteillent et écoulent les boissons.

Exemple de cette stratégie: Coca-Cola a annoncé mercredi avoir signé six nouveaux accords aux Etats-Unis pour céder des sites à des embouteilleurs locaux. Au total, 65% de ses activités d'embouteillages américains ont déjà été vendues à des tiers. Le groupe ambitionne d'en céder la totalité d'ici 2017.

Fort de cette confiance, Coca-Cola a maintenu mercredi inchangée sa prévision d'une croissance organique de 3% de son chiffre d'affaires 2016.

A Wall Street, l'action gagnait 0,47% à 42,74 dollars vers 14H05 GMT dans les premiers échanges.

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