Bilan

Citigroup supprime plus de 11'000 postes

Le groupe bancaire américain va réduire ses effectifs partout dans le monde. Cette vaste réorganisation doit lui permettre d'économiser 1,1 milliard de dollars (1,02 milliard de francs) par an à partir de 2014.
Cette restructuration concerne un peu plus de 4% des 260'000 personnes employées par le groupe, selon un porte-parole qui a précisé mercredi que la procédure était entamée, mais «se poursuivrait l'année prochaine».

«Ces actions sont les étapes suivantes logiques dans la transformation de Citi», a indiqué le directeur général du groupe Michael Corbat, arrivé aux commandes mi-octobre. «Nous allons améliorer à nouveau notre efficacité opérationnelle en réduisant les capacités et les dépenses excessives.»

Citigroup n'a jamais fourni d'explication sur la démission de son prédécesseur Vikram Pandit, mais, selon la presse, celui-ci a été évincé par le président du conseil d'administration Michael O'Neill qui lui reprochait une amélioration trop lente de la situation de la banque.

Toutes les régions touchées

Les coupes affecteront toutes les régions du monde, avec environ 4600 prévues en Amérique du Nord, 3800 dans la zone Europe-Moyen Orient-Afrique, 2100 en Amérique Latine et 750 en Asie, selon le porte-parole.

La banque de détail sera la plus touchée: 6200 emplois y seront supprimés, dont 40% dans les fonctions administratives et techniques, détaille Citigroup dans son communiqué.

Le groupe prévoit de «vendre ou largement réduire ses opérations au Pakistan, au Paraguay, en Roumanie, en Turquie et en Uruguay». Il veut «optimiser» sa présence dans les grandes métropoles en supprimant 14 agences au Brésil, 7 à Hong Kong, 4 en Hongrie, 15 en Corée et 44 aux Etats-Unis.

Citigroup conservera ainsi «plus de 4000 agences bancaires dans le monde» et maintiendra ses activités à destination des institutionnels dans tous les pays mentionnés, assure-t-il.

Les autres coupes concerneront essentiellement les activités à destination des clients institutionnels (1900 postes) et des fonctions administratives et techniques au niveau du groupe (2300 postes). Citigroup évoque aussi une «rationalisation» des succursales en Grèce et en Espagne de sa division Citi Holdings, qui réunit des activités non stratégiques.

900 millions d'économies en 2013

Les mesures doivent permettre d'économiser 900 millions de dollars (833,8 millions de francs) dès l'année prochaine et 1,1 milliard par an à partir de 2014, avec un impact limité sur le chiffre d'affaires qui devrait être réduit de 300 millions. Ce dernier atteignait 78,35 milliards l'an dernier.

Dans l'immédiat, le groupe devra toutefois passer dans ses comptes du quatrième trimestre une charge exceptionnelle atteignant 1 milliard de dollars avant impôts. Des charges moins importantes, d'environ 100 millions, seront également enregistrées durant le premier semestre 2013.

«Michael Corbat, le nouveau directeur général de Citi, imprime sa première marque en coupant dans la structure des dépenses», commentait le site d'analyses 247Wallst.com, jugeant toutefois l'action «pas trop extrême comparé aux restructurations passées».

Citigroup, qui avait été durement frappée par la crise financière, avait décidé notamment de supprimer 50'000 emplois en novembre 2008. Elle a encore taillé dans ses effectifs depuis, avec encore 4500 coupes annoncées il y a un an.

Bank of America avait elle aussi lancé un grand plan de 30'000 suppressions d'emplois l'an dernier. Et même en dehors des Etats-Unis, les restructurations sont devenues monnaie courante depuis la crise. Le numéro un bancaire helvétique UBS a encore annoncé 10'000 suppressions de postes fin octobre.

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