Bilan

Ces sociétés ont prospéré loin de leur business d'origine

Certaines grandes entreprises sont immédiatement assimilées par le grand public à un produit. Mais parmi elles, quelques surprises émergent avec le succès rencontré loin du business d'origine.
  • A l'image de Schindler, nombre d'entreprises ont prospéré loin de leur business d'origine.

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  • Le succès planétaire de Samsung dans les smartphones et les tablettes n'était évidemment pas prévu l'origine.

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  • En 1938, Samsung a débuté dans la distribution alimentaire et notamment la vente de poissons séchés.

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  • Avant de dominer le marché mondial des téléphones mobiles à l'aube des années 2000 (le 3210 a été vendu à 126 millions d'exemplaires), Nokia était loin du secteur technologique.

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  • A l'origine, Nokia exploitait la forêt finlandaise pour transformes le bois en papier.

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  • Nintendo est aujourd'hui l'un des leaders mondiaux des consoles de jeux, mais il n'en a pas toujours été ainsi.

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  • Nintendo a bien commencé dans l'univers des jeux, mais des jeux de cartes à l'origine.

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  • American Express est aujourd'hui un des leaders mondiaux des moyens de paiement.

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  • Au XIXe siècle, American Express envoyait des colis et des courriers à travers le continent.

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  • Pour le grand public en 2014, Hasbro renvoie au rayon jeux de société des magasins.

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  • Mais au début du XXe siècle, les frères Hassenfeld (Hassenfeld Brothers a donné Hasbro) étaient centrés sur les matériels et manuels scolaires.

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  • Aujourd'hui, Wrigley se mâche avec ses chewing-gums ou se boit avec ses jus de fruits.

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  • A l'origine, mieux valait ne pas manger les produits Wrigley, car il s'agissait surtout de savons.

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  • Avant de connaître un succès international grâce aux cosmétiques, Avon était actif dans un tout autre domaine.

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  • C'est dans la vente de livres que le fondateur d'Avon était actif, mais il offrait des petits flacons de parfums à ses vendeuses et ceux-ci rencontraient beaucoup de succès.

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  • Tiffany est aujourd'hui célèbre à travers le monde pour ses bijoux.

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  • Mais le métier d'origine de Tiffany est la papeterie, devenue aujourd'hui marginale dans l'activité du groupe par rapport à la joaillerie.

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  • C'est le rachat par Warren Buffett qui a amorcé le virage de Berkshire Hathaway au début des années 60 vers l'investissement et la finance.

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  • Jusqu'aux années 1960, Berkshire Hathaway centrait son activité sur les textiles (rideaux, nappes, linge de maison).

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  • Partout sur la Terre, les hôtels Marriott sont synonymes de luxe.

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  • Mais avant les chambres, Marriott a débuté par des crèmes glacées sur la côte Est des Etats-Unis.

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  • Abercrombie & Fitch est devenue l'une des marques tendance actuelles.

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  • Mais l'activité a débuté par la vente de matériel d'activités outdoor comme des cannes à pêche et des tentes.

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  • Avant de devenir l'une des chaînes majeures de la restauration rapide, dans le domaine des spécialités tex-mex, Taco Bell a débuté avec une autre spécialité.

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  • L'aventure a débuté par un modeste stand de vente de hot dog à San Bernardino (Californie).

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  • Le championnat NASCAR est aujourd'hui le plus réputé pour ses courses de stock car.

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  • Mais les origines sont à rechercher dans les années 1920, quand les trafiquants d'alcool cherchaient à échapper aux policiers dans une Amérique en pleine prohibition.

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  • Valora est aujourd'hui une entreprise spécialisée dans le commerce de détail, avec ses k kiosk et ses autres points de vente.

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  • Mais le chocolat et les produits exotiques ont longtemps été le coeur du business de la société.

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  • Schindler est aujourd'hui leade mondial du domaine des ascenseurs, escaliers roulants et trottoirs roulants.

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  • L'aventure de Schindler a pourtant débuté avec des machines destinées au monde agricole au début du XXe siècle.

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Un des plus grands confiseurs au monde qui débute son histoire avec une fabrique de savon ou le numéro 2 mondial des smartphones qui a commencé en préparant des pâtes: la vocation d'origine d'une entreprise n'est pas toujours celle qui mène au succès ou au prestige international. Voici quinze sociétés qui ont trouvé leur voie loin du business imaginé par les fondateurs.

Parmi les changements de vocation les plus étonnants se situent deux parcours de géants de la téléphonie mobile: Samsung et Nokia. Le géant sud-coréen, qui conteste à Apple le leadership mondial dans le domaine des smartphones, a débuté sa success story en fabriquant des nouilles en 1938. Samsung Sanghoe vendait également d'autres produits alimentaires (poisson séché, légumes) sur les marchés de la Chine du Nord.

Nokia, qui a régné sur l'univers des téléphones mobiles à l'aube des années 2000 avant de décliner quand les smartphones sont arrivés sur le marché, est né dans les forêts finlandaises: la firme a débuté en 1865 quand un ingénieur, Fredrik Idestam, a développé une technique de fabrication du papier à partir de la pulpe de bois.

Nintendo: des cartes aux consoles

Toujours dans le domaine technologique, les Japonais de Nintendo sont fidèles à l'univers du jeu. Mais ils sont passés des jeux de cartes en 1889, imitant les kits occidentaux qui arrivaient dans l'archipel nippon, aux consoles de jeux vidéo.

Révolution technologique aussi pour American Express: en 163 ans, entre la fondation par Henry Wells en 1850 et 2013, la compagnie américaine est passée du transport de courrier et de fonds par des coursiers équestres à travers les grandes plaines aux solutions financières et aux moyens de paiement. Un changement certes initié dès les origines avec des propositions de transport de fonds pour ses clients.

Retour dans l'univers des jeux et du loisir avec Hasbro. Ce leader mondial des jeux de société n'est venu à ce domaine qu'en 1952. Avant cette date et depuis la naissance de l'entreprise familiale «Hassenfeld Brothers», le coeur du business résidait dans les matériels scolaires et pédagogiques.

Tiffany... origine: papeterie

Autre entreprise qui cible les jeunes en 2013: Wrigley, avec ses bonbons, jus de fruits, confiseries... Mais l'une des marques emblématiques de l'univers du chewing-gum est née loin de l'alimentation. Les premiers produits sortis des chaînes de production de Wrigley étaient des savons et produits d'hygiène en 1891.

Des savons aux parfums, il n'y a qu'un pas. Comme des livres aux parfums. Etrange? C'est pourtant le cheminement suivi par David McConnell, un libraire qui gratifiait ses vendeuses avec des petits flacons de parfums. Constatant le goût de celles-ci pour les fragrances, le patron de la petite entreprise Avon a recentré son activité sur les soins et les cosmétiques à l'extrême fin du XIXe siècle.

Dans le secteur du luxe, d'autres ont également vu leurs activités se recentrer. Ainsi, en 1837, Tiffany était une papeterie sur Broadway. Ce n'est que quelques années plus tard que les activités se sont diversifiées et aujourd'hui le reliquat d'activité papeterie pèse bien peu en regard du secteur joaillerie.

Abercrombie & Fitch vendait des cannes à pêche et des tentes

Cheminement inverse pour Bershire Hathaway, société textile phare spécialisée dans les produits haut de gamme jusqu'au années 1960. C'est le rachat de l'entreprise par Warren Buffett en 1962 qui a amorcé le virage vers la finance et l'investissement.

Luxe toujours mais rayon hôtellerie: Marriott International n'a pas toujours loué des chambres d'hôtels à des clients fortunés. Le fondateur de l'entreprise, John Willard Marriott, s'était placé sur un autre créneau, celui des crèmes glacées et boissons rafraîchissantes au centre-ville de Washington DC dans la seconde moitié des années 1920. De la restauration à l'hôtellerie, le virage fut moins radical que d'autres changements de nature mais le coeur de l'activité a définitivement changé.

Virage radical par contre pour Abercrombie & Fitch dont les origines remontent à 1892: David T. Abercrombie et Ezra H. Fitch avaient alors ouvert une boutique de vente d'articles de sport, dont des fusils de chasse, des cannes à pêche et des tentes. Des toiles de tente aux textiles sportswear, le changement s'est effectué en plusieurs temps au fil du siècle écoulé.

Autre évolution sans révolution: Taco Bell, la chaîne de fast-food tex-mex américaine, a débuté en 1946 en Californie et est toujours resté dans le domaine de la restauration. Mais le créneau tex-mex n'était pas celui envisagé à l'origine, car Glen Bell (dont le patronyme signifiant «cloche» a laissé son nom et le logo à l'enseigne) avait ouvert un stand de hot dog à San Bernardino.

Ce n'est que quelques années plus tard que l'entreprise s'est développée et que les restaurants proposant des tacos, rencontrant le plus de succès, ont peu à peu éclipsé le pain et la saucisse d'origine. Le hasard de l'histoire veut qu'une autre success story de la restauration rapide ait aussi débuté à San Bernardino: McDonald's.

Enfin, dans cet éventail d'entreprises se niche aussi une fédération sportive, certes très lucrative. Les amateurs de sport automobile connaissent tous les courses NASCAR, ces voitures de série aménagées pour le stock-car. Or, l'aspect compétition sportive n'était pas le but originel des premiers participants. Eux cherchaient davantage à échapper aux voitures de police qui les poursuivaient. Et pour cause: il s'agissait de «bootleggers», ces trafiquants d'alcool pendant la prohibition.

Les chocolats Valora et les machines agricoles Schindler

Et la Suisse dans tout cela? Elle n'est pas épargnée par le phénomène des recentrages d'activités. Deux exemples sont emblématiques de ce mouvement: Valora et Schindler.

Valora et ses k kiosk, ses librairies et cafés était déjà dans l'univers du commerce lors de sa création en 1905. Mais l'entreprise est née à Olten sous le nom de «Schweizer Chocoladen & Colonialhaus» et était spécialisée, comme son nom d'origine l'indique, dans le chocolat et les produits exotiques. Le cacao et ses dérivés sont longtemps restés le coeur de métier du groupe, jusqu'à ce que les magasins Merkur n'acquièrent leur indépendance à la fin du XXe siècle.

Schindler de son côté est une marque connue de tous les citadins: ascenseurs, escaliers mécaniques, trottoirs roulants: difficile de se déplacer en ville sans rencontrer un équipement de la firme lucernoise. Mais le leader mondial de son secteur a débuté à la campagne: quand Robert Schindler a créé l'entreprise en 1874, ce sont des machines agricoles qui sortaient des chaînes de montage. C'est près de deux décennies plus tard, en 1892, que l'entreprise, devant le boom de l'industrie hôtelière en Suisse, s'est lancée dans la construction des ascenseurs.

Mais l'histoire aurait pu réserver un autre virage à la société: des munitions ont été produites pendant la Première Guerre Mondiale, aussi bien pour répondre à la forte demande que pour maintenir une activité ralentie par un tourisme frappé de plein fouet par la guerre.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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