Bilan

Ce qui motive vraiment les futurs hôteliers

Avec leur étude annuelle sur les critères de recrutement, les étudiants de l’Ecole hôtelière de Lausanne dialoguent avec les employeurs et formateurs.

La possibilité de progresser dans sa carrière est prioritaire pour les étudiants.

Crédits: Dr

Avec 1219 participants de 100 nationalités et 285 écoles du secteur de l’hospitalité, le Young Hoteliers Summit Employer Rankings Survey s’affirme, année après année, comme la référence dans le domaine de l’employabilité et du recrutement de jeunes talents. Et tout l’intérêt pour les entreprises réside dans
le fait que les auteurs ne sont autres que les acteurs de demain: «Il faut écouter les jeunes et identifier les tendances qui leur tiennent vraiment à cœur et donc s’installent à long terme. Celles-ci sont reliées à des valeurs générationnelles qu’il faut entendre car elles influenceront toutes les industries», explique Inès Blal, doyenne de l’Ecole hôtelière de Lausanne (EHL).

«Nous réalisons l’étude YHS Employer Rankings chaque année. Mais chaque année, de nouvelles têtes s’y attellent et nous repartons avec une page blanche. C’est donc toujours un défi de s’y plonger. Certes, cela peut mener à répéter certaines erreurs. Mais cela permet aussi de garder un regard neuf chaque fois», estime Ursina Hiltebrand, coauteure de l’étude 2019. «C’est intéressant de comparer ses motivations à celles des autres étudiants et aux critères et tendances du côté des employeurs, afin de se situer et de savoir ce que l’on veut. Il faut se poser la question du sens que l’on donne à nos motivations et à nos critères, et ce qui est derrière chaque critère, les raisons qui nous poussent à demander certaines choses», ajoute Oleana Hsu, coauteure du rapport.

Les deux étudiantes ont travaillé durant huit mois sur cette étude, y consacrant cinq heures par semaine en moyenne les premiers temps, avant de s’y atteler quasiment à temps plein les dernières semaines. Un travail de grande ampleur qui, avec les réunions menées avec les auteurs des précédentes éditions, confère au document un intérêt majeur pour les recruteurs. «Il est essentiel pour nous d’écouter notre prochaine génération de leaders. Chez Four Seasons, nous avons commencé à nous concentrer sur les relations avec nos partenaires universitaires plutôt que sur le simple recrutement. Plus nous avons d’engagement avec les étudiants – en classe, dans les réunions d’organisations et de clubs, dans des environnements sociaux informels – , plus nous pouvons recevoir de commentaires directs et en temps réel sur ce qui compte le plus pour eux dans l’expérience employée», analyse Michael Hirschler, directeur des relations universitaires chez Four Seasons Hotels and Resorts.

Acquisition de responsabilités

Alors que le salaire n’apparaît qu’en sixième position dans les motivations des étudiants (loin derrière la progression de carrière, le développement des compétences et l’acquisition de responsabilités), les deux coauteures ont constaté que «25% des alumni ont quitté leur premier poste moins d’un an après leur entrée
en fonction». Une instabilité générationnelle? «Je ne suis pas d’accord avec le principe selon lequel la génération Z ne resterait pas au sein de la même société plus de quelques années… à condition d’avoir le sentiment que son avenir est clairement défini et opportun. Notre travail durant la phase de recrutement et de relations universitaires consiste à faire preuve de transparence quant au cheminement de carrière et au calendrier envisagés. Notre responsabilité, une fois que nos futurs dirigeants ont rejoint la société, est de tenir notre promesse en guidant nos recrues par un apprentissage développemental qui les prépare à la prochaine étape de leur carrière et en garantissant des opportunités de promotion limitées dans le temps», esquisse Michael Hirschler.

«Démontrer de l’initiative, de la créativité et contribuer à la société font partie des objectifs d’apprentissage de notre programme bachelor. Donc le voir se déployer est, pour moi, l’illustration de ce que nous faisons: proposer aux étudiants des opportunités d’apprentissage par le «faire», conclut Inès Blal. 

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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