Bilan

Brady Dougan: «L’Etat n'aura plus à sauver des banques»

Le directeur général du Credit Suisse estime que le temps d'une pause est venu quant aux exigences politiques de fonds propres. La BNS a requis la veille de la BCZ une augmentation en ce sens.
Brady Dougan, directeur général du Credit Suisse depuis mai 2007

Brady Dougan, directeur général du Credit Suisse depuis mai 2007, estime que les banques ont fait leur part dans la sauvegarde du système financier suisse et que les politiciens devraient laisser les milieux financiers respirer.

«Si l'objectif est que les contribuables ne doivent jamais plus être appelés au secours d'une banque, alors nous estimons que les conditions sont désormais remplies. Il est important que les milieux politiques le comprennent», a-t-il déclaré dans une interview publiée mardi 12 novembre dans la Basler Zeitung.

Une nouvelle régulation était nécessaire

«Beaucoup, voire énormément, a déjà été accompli. (...) Et la probabilité de voir les contribuables voler une nouvelle fois à la rescousse d'une grande banque est quasi-nulle», a encore souligné le directeur général qui n'a pas manqué de rappeler que son établissement n'a eu besoin d'aucune aide de l’État

La ministre des Finances, Eveline Widmer-Schlumpf, avait déclaré début novembre en marge d'une réunion de sa formation, le Parti bourgeois-démocratique (PBD), que le seuil de capital propre à 4,5% à atteindre en 2019 pourrait être trop bas. Selon elle, un taux de 6 à 10% serait plus sûr. L'action des grandes banques avait aussitôt dévissé.

«Après la crise financière, nous n'avons pas fait partie de ces banques qui disaient que tout peut continuer comme avant, qu'il fallait laisser en paix», a-t-il poursuivi, ajoutant avoir compris la nécessité d'une nouvelle régulation et d'y avoir travaillé de manière constructive.

La veille, la Banque Cantonale de Zurich (BCZ) a été placée par la Banque Nationale Suisse (BNS) sur la liste des établissements présentant un risque systémique pour la place financière helvétique.

Le problème salarial

Alors que la Suisse s'apprête à la fin du mois à voter sur l'initiative 1:12 des Jeunes Socialistes, Brady Dougan reconnait que le paquet d'indemnités de 70 millions qu'il avait reçu en 2010 pose un problème. «Il est clair que l'on devrait éviter actuellement un tel paquet d'indemnités», a-t-il souligné. L'ancien président du conseil d'administration Walter Kielholz a récemment critiqué ce montant à la télévision alémanique.

Le directeur général défend toutefois son paquet dans la mesure où celui-ci fait référence à 2004 et qu'il était alors considéré comme une bonne pratique du point de vue des banques.

«Mais si vous me demandez aujourd'hui si nous aurions dû limiter le montant maximum ou réduire les effets de levier du programme, alors je vous dis: oui, nous aurions dû le faire. Nous l'avons déjà intégré dans le nouveau modèle, bien avant que l'initiative 1:12 ne soit lancée.»

L'ambiance n'est pas mauvaise

Revenant sur les problèmes judiciaires que rencontre Credit Suisse, notamment aux Etats-Unis, et les mesures d'économies qu'ils pourraient engendrer, Brady Dougan reconnait qu'ils ont pesé sur le moral des employés. «Mais l'ambiance n'est pas mauvaise» même si certains secteurs sont plus touchés que d'autres, comme l'informatique ou la banque privée, actuellement en plein programme de baisse des coûts.

Credit Suisse a également informé tous les salariés au sujet des documents qu'elle a transmis au Département de la Justice américain, comme l'ont exigé les autorités suisses, précise Brady Dougan. «Mais c'est dans l'intérêt de nos collaborateurs que nous puissions résoudre ces problèmes au plus vite.»

Diaporama - Les établissements présentant un risque systémique pour la Suisse

1/6 La BCZ présente désormais un «risque systémique» en Suisse. C'est le premier établissement cantonal à rejoindre cette liste TBTF.
Image: Keystone

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