Bilan

BP ne voit pas de rééquilibrage du marché du pétrole

Bob Dudley, le directeur général de la compagnie pétrolière britannique BP s'est dit mercredi "très pessimiste" concernant l'évolution des prix du pétrole.

Comme ses concurrents, BP a commencé à réduire la voilure face à la chute des cours en réduisant ses investissements et ses effectifs.

Crédits: Reuters

Bob Dudley, le directeur général de la compagnie pétrolière britannique BP s'est dit mercredi "très pessimiste" concernant l'évolution des prix du pétrole au premier semestre 2016, estimant que le rééquilibrage du marché n'interviendrait pas avant la seconde partie de l'année.

"Nous sommes vraiment pessimistes pour la première moitié de cette année" concernant les prix du pétrole, a déclaré M. Dudley lors d'une conférence organisée dans le cadre de l'International Petroleum (IP) Week à Londres.

Le directeur général de BP a notamment estimé que les six premiers mois de l'année s'annonçaient "très variables" et "volatiles" pour les prix, avant que le marché ne parvienne à se rééquilibrer vers la fin de 2016.

"A un moment donné, dans la seconde partie de l'année, au troisième ou au quatrième trimestre, nous pensons en fait qu'un équilibre journalier entre l'offre et la demande au niveau mondial" va intervenir, a poursuivi M. Dudley.

"A ce moment-là, chaque réservoir de stockage et chaque piscine dans le monde sera rempli (de pétrole). Et le marché commencera alors à arrêter les frais", a jugé le directeur général de BP.

"Je pense que nous allons (alors) commencer à voir les fondamentaux reprendre le dessus", a-t-il ajouté, soulignant que même s'il ne s'attendait pas à ce que le pétrole s'échange de nouveau à 100 dollars le baril de sitôt, "le cycle des matières premières (n'était) pas terminé" pour autant.

Le prix du baril a fondu de 47% en 2015 par rapport à l'année précédente, atteignant 52 dollars en moyenne, et de plus de 70% depuis juin 2014, victime d'une offre excédentaire alimentée par la guerre de parts de marché entre le pétrole de l'Opep, Arabie saoudite en tête, et les hydrocarbures de schiste américains.

Les cours du Brent et du WTI sont même tombés fin janvier à des plus bas en près de 13 ans, passant respectivement sous la barre des 28 et 27 dollars, avant de se redresser légèrement.

"Quatre cents milliards de dollars de projets ont été différés ou annulés (...). Certains groupes peuvent voir une activité équivalente à un millier de milliards de dollars être reportée aux trois prochaines années. Cela va provoquer une nouvelle réaction (du marché)", a ainsi prédit M. Dudley.

La compagnie pétrolière britannique a subi de plein fouet l'an passé la forte baisse des cours du pétrole et du gaz, accusant en 2015 une lourde perte de 6,5 milliards de dollars.

Comme ses concurrents, BP a commencé à réduire la voilure face à la chute des cours en réduisant ses investissements et ses effectifs.

Le groupe prévoit environ 4.000 suppressions de postes - déjà annoncées - parmi ses employés et sous-traitants en 2016 dans l'amont ainsi que jusqu'à 3.000 supplémentaires dans l'aval d'ici la fin de 2017.

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