Bilan

Attaqué par Murdoch sur sa position dominante, Google réplique

Dispute entre deux mastodontes: NewsCorp accuse Google d'abuser de sa position de leader sur Internet. La firme de Mountain View se défend d'être le "gardien du web".

En toile de fond de ce différend, une enquête de la Commission européenne, ouverte en novembre 2010, sur Google pour abus de position.

Crédits: Keystone

Google s'est défendu jeudi des attaques lancées par le groupe de presse de Rupert Murdoch, NewsCorp, qui l'accuse d'exploiter sa position dominante sur internet pour étouffer la concurrence.

"Cher Rupert, avec internet, les gens ont un plus grand éventail de choix qu'auparavant", réplique Rachel Whetstone, une des porte-parole de Google sur le blog du groupe.

"Parce que la concurrence est à un clic plus loin, les obstacles (pour passer d'un site à l'autre) sont très très minces", poursuit-elle.

Et d'enfoncer le clou: "Google est bien évidemment très populaire en Europe mais nous ne sommes pas le gardien du web, comme certains l'affirment".

Dans une lettre datée du 8 septembre et rendue publique une dizaine de jours plus tard, le directeur général de NewsCorp, Robert Thomson, s'en prenait vertement au groupe de Mountain View (Californie).

"Bénéficiant largement des efforts et des investissements des autres, Google doit faire davantage pour s'assurer que les droits sont respectés et que son importante plateforme de recherche n'abuse pas de sa puissance pour éliminer la concurrence", écrivait M. Thomson.

Cette dispute entre les deux mastodontes intervient dans le cadre d'une enquête de la Commission européenne, ouverte en novembre 2010, sur Google pour abus de position.

Le commissaire européen chargé du dossier, Joaquin Almunia, avait sollicité des arguments de la part des plaignants.

Il avait adressé au printemps des lettres à 20 plaignants pour les informer qu'elle avait l'intention de rejeter leurs plaintes, mais leur donnant aussi l'occasion de lui faire des réponses argumentées.

"Google a particulièrement réussi à monétiser ses utilisateurs mais n'a pas montré la volonté, bien que le groupe en ait la capacité, à respecter les droits fondamentaux de propriété intellectuelle", tançait News Corp.

Le groupe de Rupert Murdoch dénonçait aussi un processus de "certification" mis en place par Google pour les appareils Androïd qui lui permet, selon lui, d'en "dénier l'accès à des compagnies" proposant du contenu.

"Android est un système qui fonctionne librement et qui peut être utilisé sans frais par n'importe qui. Il n'y a pas besoin de permission de Google", rétorque Mme Whetstone.

"L'accès à l'information, notamment le contenu des informations, était traditionnellement contrôlé par un nombre relatif de médias. Aujourd'hui les gens ont un plus grand choix. Et cela a eu un impact profond sur les journaux qui font face à une concurrence rude pour attirer les gens et la publicité en (zone) euro", ajoute-t-elle.

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