Bilan

Atos acquiert la branche informatique de Xerox et triple sa taille aux USA

Le groupe français de services informatiques fait ainsi des Etats-Unis son premier marché. "D'acteur régional, nous sommes devenus un leader mondial", s'est félicité le PDG Thierry Breton.

Les acquisitions menées depuis l'arrivée chez Atos en 2008 de Thierry Breton, ancien ministre et patron de France Telecom, ont permis au groupe de passer de 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires à plus de 11 milliards en intégrant Bull et Xerox, et de 50'000 à près de 100'000 salariés.

Crédits: AFP

Le groupe français Atos s'offre la branche informatique de Xerox pour 855 mio EUR (1,03 mrd CHF), tout en mettant en place un partenariat qui va lui permettre de rester l'un des plus importants fournisseurs du groupe américain de reprographie.

Cette acquisition permet à Atos de "tripler sa taille aux Etats-Unis" et ce pays va devenir son premier marché dans le monde, a souligné le groupe.

"On ne surprend personne. C'était l'un de nos objectifs stratégiques. Donc, on le fait", a expliqué M. Breton au quotidien Les Echos de vendredi.

L'opération va donner à Atos accès aux grands clients américains de Xerox, qui ont "très bien reçu" la transaction, a assuré le numéro deux du groupe, Charles Dehelly, lors d'une conférence téléphonique.

L'action du groupe français de services informatiques prenait près de 6% vendredi matin à la Bourse de Paris.

A 09H13 (08H13 GMT), le titre gagnait 5,89% à 63,32 euros, dans un marché en hausse de 0,98%.

Le montant de la transaction a été fixé à 1,05 milliard de dollars (855 mio EUR), mais pourrait être ajusté à la hausse de 50 mio USD à la finalisation, précisent les deux parties dans des communiqués séparés.

Le groupe français attend de cette acquisition une augmentation de son bénéfice par action de 10% "dès la première année," a précisé le PDG Thierry Breton lors de la même réunion.

Atos et Xerox espèrent finaliser l'opération au premier semestre 2015. Elle reste d'ici là soumise à l'accord des autorités compétentes.

"L'activité informatique de Xerox que nous reprenons est déjà rentable, en croissance, et elle n'a pas besoin d'être restructurée", s'est réjoui M. Breton.

Les activités de Xerox ITO, qui emploient 9.800 personnes (dont 4.500 aux Etats-Unis) devraient générer un profit de 115 mio USD en 2014.

"Nous reprenons des infrastructures informatiques de grande qualité avec notamment 21 +data centers+ (centres de stockage de données, NDLR), a-t-il noté.

La transaction inclut aussi la signature d'un contrat d'exclusivité avec Atos, qui deviendra pendant cinq ans la SSII attitrée de Xerox.

Il s'agit du même type de partenariat qu'Atos avait déjà signé en 2011 lors de l'acquisition de la branche informatique de Siemens.

"Nous avons vu combien il était structurant et bénéfique pour notre activité en Allemagne, en Europe de l'Est et du Nord. On a une véritable culture du partenariat chez Atos. Intégrer l'informatique de nos clients, intégrer des équipes nouvelles et investir dans l'innovation avec nos partenaires, c'est devenu un vrai savoir-faire", a encore expliqué M. Breton.

- Doublement du chiffre d'affaires -

L'acquisition permettra accessoirement à Atos de se renforcer au Mexique, "qui était un vrai manque" dans son dispositif, a relevé M. Breton.

Cette acquisition est annoncée alors que s'achève à peine l'OPA réussie d'Atos sur Bull.

Ce rapprochement, annoncé fin mai et finalisé durant l'été, a donné naissance au numéro un du "cloud computing" (informatique dématérialisée) en Europe. Les deux entreprises vont former également une entité commune entièrement dédiée à la cybersécurité.

Les acquisitions menées depuis l'arrivée de l'ancien ministre et patron de France Telecom chez Atos en 2008 ont permis au groupe de passer de 5 mrd EUR de chiffre d'affaires à plus de 11 mrd en intégrant Bull et Xerox et de 50'000 à près de 100'000 salariés.

"D'acteur régional, nous sommes devenus un leader mondial", s'est félicité M. Breton.

De son côté, Xerox a précisé que l'opération devrait générer dans ses comptes une plus-value nette de 850 mio USD. Cela va lui permettre de porter son programme d'achat de ses propres actions à un milliard de dollars, tout en consacrant jusqu'à 900 millions à ses acquisitions futures.

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