Bilan

Amazon lance sa propre flotte d'avions

Le géant du commerce en ligne Amazon a lancé un ambitieux programme aéronautique: la société a présenté le premier appareil d'une flotte de 40 avions destinée à lui permettre de s'affranchir des compagnies de fret et de transport aérien.
  • Amazon One est le premier appareil de la future flotte Prime Air.

    Crédits: Image: Amazon
  • En lançant une flotte spécifique Amazon, Jeff Bezos entend s'affranchir des principaux transporteurs traditionnels.

    Crédits: Image: GeekWire

En attendant la généralisation des drones, Amazon passe déjà à la vitesse supérieure avec une flotte d'avions. A l'occasion du Seafair Air Show, le salon de l'aviation de Seattle, la compagnie de Jeff Bezos a présenté le premier appareil de cette flotte baptisée Prime Air. L'aéronef Amazon One est un Boeing 767-300 neuf qui sera opérationnel dans les semaines à venir et a effectué un vol de démonstration lors de l'événement.

En présentant à Seattle le premier avion d'une flotte destinée à en compter 40 d'ici quelques mois, Amazon n'a pas choisi le lieu au hasard: la cité de la côte Ouest est à la fois le siège d'Amazon mais aussi l'ancien siège de Boeing (qui a déménagé vers Chicago voici une quinzaine d'années) et reste un des hauts lieux de l'industrie aéronautique américaine. Les appareils ne sont toutefois pas achetés directement auprès du constructeur mais loués à des sociétés de leasing. Onze appareils sont déjà inclus dans un contrat de leasing.

Des contrats de leasing pour 40 avions

Mais surtout, avec cette flotte naissante, le géant de l'e-commerce va pouvoir s'affranchir des grandes sociétés de fret aérien et développer un réseau propre. «Créer un réseau de transport aérien nous permet de développer nos capacités pour assurer des délais de livraisons plus rapides pour nos membres Prime dans les années à venir», a affirmé Dave Clark, responsable des opérations mondiales chez Amazon, à l'occasion de la présentation de l'appareil.

Ces derniers mois, Amazon avait renforcé ses liens avec plusieurs sociétés de leasing d'avion, avec des partenariats comprenant une entrée au capital contre des locations d'appareils longue durée avec leurs équipages. Atlas Air Worldwide Holdings (AAWW) et Air Transport Services Group (ATSG) avaient chacun annoncé un contrat portant sur 20 appareils. La stratégie semblait donc déjà évidente. Mais avec la présentation du premier appareil, elle prend tout son sens.

Lire aussi: Amazon se renforce un peu plus dans le fret aérien

Car si la firme de Jeff Bezos n'est actuellement pas en mesure de se passer des services de compagnies de fret express comme UPS ou DHL pour acheminer les envois des centres de manutention vers les domiciles des clients, la constitution de cette flotte propre à Amazon jette une première pierre dans leur jardin. Ceux que de nombreux analystes voyaient comme des bénéficiaires de la montée en puissance du commerce en ligne pourraient perdre des plumes si les acteurs principaux trouvaient les moyens de les court-circuiter.

En fin d'année 2015, des tensions avaient surgi entre Amazon et plusieurs sociétés de fret express dûes à des retards de livraison pendant la période des fêtes. Or, des délais de livraison non tenus par Amazon exposent non seulement la compagnie à des frais vis-à-vis des clients, mais aussi à des dégâts d'image désastreux. Avec l'explosion du e-commerce depuis quelques années et l'ouverture de nouveaux marchés dans les pays émergents, les spécialistes du transport et de l'acheminement rapide de colis voient leurs capacités saturées et se retrouvent en difficulté.

De plus, le déploiement de cette flotte d'appareils pourrait être complémentaire avec la mise en place de livraisons par drones: les colis étant transportés sur les grandes distances par les avions, puis entre l'aéroport et le domicile par les drones. Ainsi, Amazon maîtriserait l'intégralité du processus, depuis le choix du produit en ligne jusqu'à son acheminement au domicile du client.

Lire aussi: Amazon lance des tests de livraison par drones au Royaume-Uni

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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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