Bilan

Alstom Suisse: Johann Schneider-Amman confiant pour l'emploi

Suite à l'alliance du groupe français avec l'américain General Electric, le conseiller fédéral ne voit pas de danger planer sur les quelque 6500 emplois d'Alstom en Suisse.

Johann Schneider-Ammann dit avoir eu le sentiment qu'Alstom savait très bien quel rôle jouait la filiale helvétique au sein du groupe.

Crédits: DR

Le projet d'alliance industriel du groupe français Alstom avec l'américain General Electric (GE), officialisé dimanche, n'inquiète pas outre mesure Johann Schneider-Ammann. Le conseiller fédéral ne voit pas de danger planer sur les quelque 6500 emplois d'Alstom en Suisse.

Alstom est fortement implanté en Argovie dans le domaine des turbines à gaz, avec un siège d'activité installé à Baden. La multinationale hexagonale n'est ni plus ni moins que le premier employeur privé du canton, avec environ 6300 collaborateurs.

"Je suis confiant de voir ces activités être poursuivies et par la même occasion de voir les emplois maintenus", a indiqué le ministre de l'économie qui s'exprimait lundi matin sur les ondes de la radio publique alémanique SRF.

En discutant avec la direction d'Alstom, Johann Schneider-Ammann dit avoir eu le sentiment que les Français savaient très bien quel rôle jouait la filiale helvétique au sein du groupe. Alstom est actif à la fois dans le secteur de l'énergie et dans celui du transport ferroviaire en tant que concepteur du TGV notamment.

CONTACT À ÉTABLIR

Du côté des autorités cantonales argoviennes, le conseiller d'Etat en charge de l'économie, Urs Hofmann, dit vouloir maintenant chercher à établir le contact avec GE. Il s'agit de montrer au géant américain les avantages de la place industrielle suisse, a-t-il expliqué dans le cadre de la même émission radiophonique.

Dimanche soir, Alstom a donné son accord au projet d'alliance avec General Electric dans ses activités énergie. Pour sa part, l'Etat français a conclu un accord avec Bouygues pour pouvoir entrer au conseil d'administration d'Alstom dès que l'alliance sera finalisée.

L'Etat s'est octroyé environ deux ans pour racheter les 20% du capital qu'il convoite à Bouygues ou sur le marché et devenir le principal actionnaire d'Alstom. Entre-temps, Bouygues lui cède ses droits de vote au conseil d'administration.

PRÉOCCUPATIONS DE TOUS

L'accord auquel sont parvenus Alstom, General Electric et l'Etat français "me paraît répondre aux préoccupations de tous", a indiqué lundi le PDG d'Alstom Patrick Kron. "Il y aura en France plus de centres de décision demain qu'il n'y en a aujourd'hui", a-t-il assuré sur Europe 1.

Pour présenter les termes du projet aux salariés, Patrick Kron se rendra mardi en compagnie du PDG de General Electric Jeffrey Immelt sur le site d'Alstom à Belfort, à deux pas de la Suisse, où le groupe américain est également implanté de longue date.

"Les décisions ont été prises au plus haut niveau de l'Etat", a par ailleurs souligné Patrick Kron, c'est-à-dire selon lui directement par la présidence de la République.

Cadre fixé

"L'Etat a fixé le cadre dans lequel cette opération importante pour la politique industrielle du pays avait vocation à être réalisée", a-t-il déclaré, se montrant confiant dans le fait qu'Alstom conserve son nom et existe encore dans cinq ans.

Patrick Kron a vanté "un projet basé sur des complémentarités de produits et de technologies", susceptible de permettre la création de 1000 emplois promis par GE dans l'Hexagone. "Au-delà de la nationalité des uns et des autres ce qui est important c'est que les centres de décision et les emplois restent en France et se développent", a-t-il dit.

SOUVERAINETÉ FRANÇAISE

"Le maintien de la souveraineté française dans le domaine du nucléaire, même si nous n'intervenons pas sur les réacteurs eux-mêmes mais sur les turbines, était essentiel et cet accord donne pleinement confiance", a également affirmé Patrick Kron.

Après la consultation des partenaires sociaux, c'est l'assemblée générale des actionnaires d'Alstom, prévue à l'automne, "qui aura le dernier mot" selon lui. La conclusion de l'accord avec GE "interviendrait sur la première moitié de l'année 2015, donc il y a du travail encore", a-t-il résumé.

Patrick Kron, à la tête depuis 2003 d'Alstom, a par ailleurs refusé, contrairement à ce qu'il avait dévoilé la veille dans un entretien au "Journal du Dimanche", d'évoquer son départ, qui devrait intervenir une fois l'accord mis en place.

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