Bilan

Alpiq subit une perte de 50 millions de francs

Le groupe énergétique Alpiq a subi une perte nette de 50 millions de francs au premier semestre, dix fois supérieure à celle de la même période de 2017.

Le résultat opérationnel avant effets exceptionnels a chuté à 93 millions de francs, contre 135 millions il y a douze mois. 

Crédits: keystone

Le groupe énergétique Alpiq a subi une perte nette de 50 millions de francs au premier semestre, dix fois supérieure à celle de la même période de 2017. Le chiffre d'affaires des activités poursuivies s'est révélé stable à 2,6 milliards, annonce lundi l'énergéticien en difficulté, qui produit un tiers de l'énergie hydraulique en Suisse.

Le résultat opérationnel (Ebitda) avant effets exceptionnels a chuté à 93 millions de francs, contre 135 millions il y a douze mois. Alpiq s'attend toujours à un résultat opérationnel 2018 inférieur à celui de 2017.

La principale raison en est la couverture des prix durant les années précédentes, qui grève la production d'électricité suisse par rapport à la même période de l'an passé. Le bas niveau des prix de gros pèse sur les comptes de la division Generation Switzerland, qui est déficitaire.

Dans le secteur Numérique & Commerce, le marché français, notamment, n'a pas pu renouveler les "excellents résultats" du premier semestre 2017.

Globalement, le portefeuille de centrales thermiques en Europe ainsi que la production issue des nouvelles énergies renouvelables (NER) sont les secteurs qui, au premier semestre, ont à nouveau apporté la plus grande contribution au résultat opérationnel, souligne le communiqué.

Le groupe valdo-soleurois fondé en 2009 s'estime prêt pour l'avenir: les nombreux désinvestissements effectués ces dernières années et la cession des activités industrielles conclue fin juillet avec le groupe Bouygues ont progressivement réduit le montant des dettes nettes. Un programme de diminution des coûts à hauteur de 400 millions de francs a été mis en place. La groupe s'attelle aussi à améliorer son efficacité.

Allégé

Le groupe - dont la direction a été réduite de six à quatre membres - entend bénéficier de ses structures désormais "allégées". Alpiq Suisse SA devient une entreprise purement hydroélectrique, le groupe gardant cependant des activités dans d'autres domaines de l'énergie. Ce recentrage doit déboucher sur une amélioration "durable" du résultat opérationnel (Ebitda).

La poursuite de la numérisation constitue aussi une priorité, dans toute l'Europe. La société veut profiter du potentiel de l'Internet des objets et de l'intelligence artificielle.

La part des fonds propres au 30 juin est restée stable à 38,8%. Les liquidités demeurent "solides", à 1,1 milliard, contre 1,4 milliard six mois plus tôt.

Comme annoncé en mars, le groupe a subi une véritable ablation. Ses activités industrielles Intec et Kraftanlagen München cédées au français Bouygues à fin juillet généraient annuellement un chiffre d'affaires de 1,7 milliard de francs avec 7650 employés, dont 4000 en Suisse, soit plus de 80% des 9200 employés du groupe à fin 2017.

La cession a rapporté environ 720 millions de francs net. Les liquidités disponibles doivent permettre de couvrir les déficits de la production d'électricité suisse de ces prochaines années et de poursuivre "l'optimisation des dettes brutes en cours", précise le groupe.

Les analystes de Credit Suisse parlent de résultat "mitigés". Ils soulignent la solidité des liquidités et observent que le résultat opérationnel reste sous pression, en qualifiant les perspectives de "stables". A la Bourse, vers 11h15, le titre Alpiq cédait 0,3% à 87,4 francs, dans un marché SPI des plus stables (+0,04%).

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