Bilan

Alibaba "collabore activement" avec le gendarme boursier

Certains chiffres de vente du géant chinois du commerce en ligne Alibaba, coté à New York, sont soupçonnés d'être artificiellement gonflés.

Le gendarme américain de la Bourse veut se pencher sur les chiffres de ventes spectaculaires de la "Journée des célibataires".

Crédits: AFP

Le géant chinois du commerce en ligne Alibaba "collabore activement" à l'enquête du gendarme boursier américain (SEC) sur ses pratiques comptables, a indiqué vendredi son fondateur, Jack Ma, alors que certains chiffres de vente sont soupçonnés d'être artificiellement gonflés.

L'entreprise, cotée à New York, "a fourni toutes les informations réclamées", a affirmé M. Ma dans un entretien à l'agence étatique Chine nouvelle, promettant "transparence et communication".

Comme Alibaba "n'a pas d'équivalent aux Etats-Unis", "certains investisseurs américains ont des difficultés à comprendre son modèle économique", a encore observé l'emblématique homme d'affaires.

La SEC enquête notamment sur les méthodes de consolidation du groupe, notamment sur sa façon de prendre en compte sa participation dans la firme de logistique Cainiao, avait révélé Alibaba la semaine dernière.

Et ce alors que des analystes pointent volontiers la complexité grandissante de la structure d'entreprise d'Alibaba, qui a multiplié les prises de participations et les imbrications de filiales dans des secteurs variés, de la finance au divertissement.

Mais surtout, le gendarme américain de la Bourse veut se pencher sur les chiffres de ventes spectaculaires de la "Journée des célibataires", un jour d'importantes promotions commerciales organisé chaque 11 novembre par le géant de l'internet.

Le 11 novembre 2015, l'évènement avait attiré sur les plateformes d'Alibaba plus de 155 millions de consommateurs, pour un volume de transactions atteignant le montant phénoménal de 91,2 milliards de yuans (plus de 13 milliards d'euros), en hausse de 60% sur un an: c'est l'équivalent du PIB de l'Islande ou du Sénégal.

Ce chiffre correspond au "volume total des biens échangés".

Or, "le problème, c'est que ce n'est pas la même chose qu'un chiffre d'affaires. Alibaba ne vend pas les produits lui-même, il propose seulement des services de marketing en ligne", les transactions étant assurées par des vendeurs tiers, "et il rapporte les revenus tirés de ces services dans ses déclarations financières", a expliqué dans une note Paul Gillis, professeur à l'université de Pékin et expert de la comptabilité chinoise.

Certes, certains investisseurs préfèrent regarder le volume des biens échangés pour évaluer la taille des activités du groupe.

Mais la SEC s'interroge sur la façon dont il est calculé et s'il fournit aux investisseurs un reflet fidèle des transactions effectives.

En effet, "le souci est que certains vendeurs sont soupçonnés de réaliser des fausses transactions (c'est-à-dire de s'acheter à eux-mêmes leurs propres produits) pour améliorer leur référencement sur la plateforme" et gagner en visibilité, a poursuivi M. Gillis.

Des soupçons largement évoqués dans le passé par les réseaux sociaux chinois et par des médias locaux.

Alibaba avait déjà fait l'objet d'une demande d'informations de la SEC en février 2015, à la suite d'accusations d'un organisme gouvernemental chinois.

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