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Abdulla Al Gurg: «Mes priorités ont changé après un souci de santé»

Héritier de l’une des principales entreprises familiales des Emirats arabes unis, Abdulla Al Gurg a racheté l’an dernier Le Crans Hotel & Spa. Il investira au total 100 millions de francs.

Abdulla Al Gurg: «Jamais je n’aurais pensé tomber autant amoureux d’un endroit.»

Crédits: DR

Le nom d’Abdulla Al Gurg n’est pas connu par ici. Pourtant, il fait partie des familles les plus importantes des Emirats arabes unis. Il a par exemple porté la flamme olympique dans les rues de Londres en 2015, sélectionné pour sa fibre caritative et son soutien à des milliers de causes chaque année. Après avoir dirigé durant douze ans le conglomérat familial Easa Saleh Al Gurg (lire l’encadré), cet homme d’affaires de 40 ans vient de céder l’opérationnel du groupe tout en restant membre du conseil d’administration et directeur du conseil consultatif.

Les raisons? Une folle envie de changer de vie à la suite d’un souci de santé. Un léger AVC, survenu il y a trois ans à Dubaï, le pousse ainsi à prendre soin de lui en orientant différemment ses priorités. Alors qu’il vivait entre Londres et les Emirats, voyageait dans les plus grandes capitales du monde, pilotait des Lamborghini, Abdulla Al Gurg, père de 4 enfants, s’est vu conseiller par l’une de ses thérapeutes un séjour en Suisse, destination bien-être réputée dans le monde entier. Lui ne connaît pas le pays. Il tombe sous le charme.

Il décide de venir visiter LeCrans Hôtel & Spa, alors mis en vente par le Belge Eric Jolly. Et rachète l’an dernier cet établissement cinq étoiles de Crans-Montana. Lorsqu’en plein hiver, sa voiture reste bloquée sur la route enneigée, il demande à son fils de 15 ans de sortir l’aider à pousser le bolide. Ce dernier l’interroge: veut-il vraiment venir s’installer ici, lui qui ne connaît que les tours en béton et la chaleur étouffante des Emirats? «Jamais je n’aurais pensé tomber autant amoureux d’un endroit. Personne autour de moi n’a compris», commente celui qui apprécie plus que tout, quand il est ici, croiser au petit matin des renards et des biches à l’orée de la forêt.

Le rêve d’un restaurant

Abdulla Al Gurg fait partie de la troisième génération d’une famille conservatrice des Emirats. Il a commencé sa carrière en travaillant pour le gouvernement de Dubaï avant de rejoindre Dubai Holding et son mégaprojet de golf - mort-né - en partenariat avec Tiger Woods à Dubailand. Abdulla Al Gurg rejoint le business familial en 2008. Mais son rêve est de posséder un jour un restaurant – une brasserie à Londres ou un hôtel quelque part en Europe. Un rêve aujourd’hui exaucé.

Désormais, il entend développer son business dans le wellness et l’hospitalité avec comme devise «Switch off and recharge». Avec le rachat du cinq-étoiles de Crans-Montana, il projette de créer une destination unique en termes de bien-être, de confort et de luxe en investissant au total 100 millions de francs.

Outre cet hôtel, l’homme d’affaires a mis la main sur deux autres chalets et un terrain adjacents. Les travaux débuteront en septembre pour créer de nouveaux lieux proposant une cinquantaine de chambres, contre 13 chambres et 3 appartements actuellement. Abdulla Al Gurg, quant à lui, vient toutes les 6 semaines pour suivre l’avancée du chantier. «J’aime passer du temps ici. Les gens sont si gentils, la nature est tellement préservée, tout est propre, c’est unique au monde.»


3500 employés dans le monde

Fondé en 1960, le conglomérat familial Easa Saleh Al Gurg regroupe 27 sociétés actives dans la construction, l’immobilier, les produits de consommation et le lifestyle. Avec 23 divisions actives dans le commerce, la fabrication et les franchises, il représente aussi des conglomérats internationaux comme Siemens, Unilever et British American Tobacco, Electrolux, Grunding et Dunlop. Le groupe emploie 3500 personnes dans le monde.

Chantal De Senger
Chantal de Senger

JOURNALISTE

Lui écrire

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève (IHEID) en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l'Université de Genève. Après avoir hésité à travailler dans une organisation internationale, elle décide de débuter sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. De 2010 à 2021, Chantal est journaliste pour le magazine Bilan. Elle contribue aux grands dossiers de couverture, réalise avec passion des portraits d'entrepreneurs, met en avant les PME et les startups de la région romande. En grande amatrice de vin et de gastronomie, elle a lancé le supplément Au fil du goût, encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal est de 2019 à 2021 rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan et responsable du hors série national Luxe by Bilan et Luxe by Finanz und Wirtschaft.

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