Bilan

A la FuckUp Night, des entrepreneurs racontent leur échec sans tabou

Pour sa quatorzième édition en Suisse, la FuckUp Night organisée mardi soir à la CCIG a connu un fort succès.

Les quatre intervenants avant leur stand-up.

Crédits: András Barta

Le public a beaucoup ri à la FuckUp Night organisée à la Chambre de Commerce, d’Industrie et des services de Genève (CCIG) mardi soir. Parce que, comme l’explique l’organisateur Réginald Bien-Aimé, le mouvement lancé au Mexique en 2012 se veut « fun » avant tout.

Le concept ? Des entrepreneurs ou chefs d’entreprise viennent raconter – sous forme de stand-up - un échec  vécu durant leur parcours professionnel. L’idée étant de dédramatiser l’échec avec un grand E. Fortes de leur succès, les FuckUp Nights ont été programmées depuis lors, dans plus de 150 villes dans 42 pays.

En Suisse, cet événement, coordonné par l’équipe de Synerdreams depuis 2014, en est à sa quatorzième édition. Mardi soir, les invités ont été triés sur le volet : Lorenzo Stoll, directeur général de Swiss pour la Suisse romande, Josée Belanger Simko, fondatrice de l’agence de communication du même nom, rachetée depuis par Saatchi & Saatchi, Malik Khalfi, entrepreneur genevois, et Olivier Perez Kennedy, fondateur d’Enigma.

Conseils et pensées positives 

Alors, que retient-t-on de la soirée genevoise de la loose? Premièrement, beaucoup de conseils et de pensées positives. « L’échec rend plus fort », « l’entrepreneuriat, c’est une suite d’essais et d’erreurs » ou encore « il n’y a que dans le dictionnaire que le mot succès vient avant le mot travail ». Au final, on retient surtout que derrière chaque réussite professionnelle se cache une multitude d’échecs ou d’erreurs.

C’est donc sur un ton humoristique et dans une atmosphère conviviale que les quatre entrepreneurs ont témoigné. Josée Belanger Simko estime que la plus grosse erreur de sa vie a été de vendre sa boîte de communication à Saatchi & Saatchi. «Nous étions au sommet, nous avions plein de clients. Après le rachat, les employés n’avaient plus de plaisir. »

Ses conseils : s’amuser dans son travail, s’occuper des hommes avant l’entreprise et bien dormir. « J’ai vendu car j’étais très fatiguée dû au manque de sommeil. »

Malik Khalfi est un serial entrepreneur qui a fondé quatre entreprises, dont trois n’ont pas fonctionné. « Nous pensions à chaque fois avoir une idée révolutionnaire, alors que d’autres y avaient pensé avant nous ». Aujourd’hui, sa société Be Cash, qui vend des terminaux de paiement, lui permet enfin de vivre correctement. Le Genevois en tire de nombreuses leçons et n’a aucun regret.  

Le troisième intervenant, Olivier Perez Kennedy, arrivé en renfort après le désistement d’un invité le matin même. Le fondateur de l’agence Enigma raconte une anecdote rigolote sur des préservatifs qu’il a dû trouver, après moult obstacles, pour une soirée du PLR.

Enfin, le directeur de Swiss pour la Suisse romande Lorenzo Stoll témoigne sur la façon dont il s’est planté en voulant reconquérir le marché suisse romand de la compagnie helvétique en 2013. « Le cœur du business, c’est le réseau de destinations. Nous avions choisi de lancer une ligne sur Belgrade pour satisfaire la communauté des Balkans. Notre concurrent – EasyJet – décide alors d’attaquer aussi ce marché. Ils bossent mieux que nous, tous les indicateurs deviennent rouges. Convaincu du projet, je voulais gagner la bataille. Je me suis obstiné jusqu’à l’échec. Il a y a quelques semaines, la ligne Genève-Belgrade a été interrompue. Mon erreur ? Je ne me suis pas donné les moyens de réussir. »

Au bout du compte, tous les échecs racontés ont une finalité positive. Chacun des intervenants a constaté qu’il fallait se mettre en danger pour réussir. Et que si l’échec ne tue pas, il rend plus fort.

Pour les intéressés, la prochaine FuckUp Night aura lieu le 21 juillet à l’espace de coworking Seedspace à Chêne-Bougeries. Au programme : témoignages, grillades et franche rigolade.

Chantal De Senger
Chantal de Senger

JOURNALISTE

Lui écrire

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l’Université de Genève. Elle débute sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Journaliste depuis 2010 pour le magazine Bilan, elle est spécialisée dans les PME. En grande amatrice de vins et gastronomie, elle est également responsable du supplément Au fil du goût encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal contribue par ailleurs régulièrement aux suppléments Luxe et Immo Luxe de Bilan.

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