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A Genève, Uber dénonce une pénurie de chauffeurs orchestrée par les taxis

Les associations professionnelles freineraient l’obtention de carte de chauffeur pour les VTC sur Genève. La pénurie fait craindre des hausses tarifaires chez Uber, en particulier la nuit de la Saint Sylvestre.

Les prix fixes, appliqués à Genève pour le réveillon 2014, ont été abandonnés au profit de tarifs ajustables selon l’offre et la demande.

Crédits: AFP

«Uber enregistre actuellement deux fois plus de demande que d’offre disponible. Quelques centaines de chauffeurs ne suffisent pas toujours à servir plusieurs dizaines de milliers d’utilisateurs réguliers en Suisse romande», estime Steve Salom, directeur d’Uber Genève et Lausanne.

En cause, les difficultés administratives rencontrées par les chauffeurs VTC pour s’établir sur Genève. Le canton impose, en plus de la licence fédérale, une carte professionnelle, dont les modalités d’obtention seraient discriminatoires, selon Steve Salom: «L’examen organisé par les associations professionnelles nous défavorise. Une seule session par an est proposée et ce sont ces mêmes associations professionnelles qui déterminent le seuil d’admission!» Une procédure qui viserait à limiter l’accès de nouveaux entrants sur le marché.

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La question est d’autant plus délicate que, depuis juin, Uber ne peut plus proposer ses services aux taxis. «Taxiphone, la centrale qui détient 85% du marché genevois, a imposé une clause d’exclusivité à ses taxis abonnés», détaille Steve Salom.

La marge de manœuvre de l’opérateur, largement réduite, amène de plus en plus de chauffeurs avec plaques vaudoises à exercer sur Genève. Une évolution qui provoque des remous dans la profession. «En plus des dégradations de véhicule, certains de nos partenaires, même des femmes, ont été passés à tabac par des chauffeurs de taxis», déplore le directeur d’Uber.

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Face aux débordements, le canton tente de réguler la situation. Le projet de loi «Maudet», facilitant l’accès au marché pour les chauffeurs de VTC, est actuellement étudié par la commission des transports et le Grand Conseil. Fortement combattue par les taxis, la législation ne devrait cependant pas voir le jour avant plusieurs mois.

Vers une flambée des prix à la Saint-Sylvestre?

Dans ce contexte de forte pénurie, la nuit du 31 promet d’être tendue pour Uber et ses usagers. Les prix fixes, appliqués à Genève pour le réveillon 2014, ont été abandonnés au profit de tarifs ajustables selon l’offre et la demande. Le système permet de limiter le temps d’attente, mais entraîne en période de forte affluence une flambée des prix, dénoncée chaque fin d’année par les utilisateurs à l’étranger. Des courses à plus de 200 euros à Paris, et jusqu’à 325 dollars à New York avaient ainsi été signalées lors des Saint-Sylvestre 2013 et 2014. 

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Une situation que Steve Salom espère ne pas voir à Genève: «Les clients connaissent à l’avance le tarif de la course et sont libres d’accepter ou pas. Mais en général, les prix ne vont pas au delà du double du tarif de base».  

Joan Plancade
Joan Plancade

JOURNALISTE

Lui écrire

Diplômé du master en management de l’Ecole supérieure de Commerce de Nantes, Joan a exercé pendant sept ans dans le domaine du recrutement, auprès de plusieurs agences de placement en France et en Suisse romande. Collaborateur externe pour Bilan, Il travaille en particulier sur des sujets liés à l’entreprise, l’innovation et l’actualité économique.

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