Bilan

«Salt n’essaie pas de casser le marché»

Olivier Rosenfeld, membre du conseil d’administration d’Iliad Free, répond aux multiples questions autour de la stratégie de l’opérateur, qui vient de changer d’équipe de direction.

«Il n’y a aucune ambiguïté: Salt restera basée à Renens (VD).»

Crédits: Dr

Depuis sa reprise en main fin 2014 par l’opérateur français Free, les sujets de préoccupation s’accumulent sur Salt, qui ne communique plus de résultats trimestriels détaillés depuis près d’un an. La démission de l’équipe de direction du troisième opérateur du pays, dont le CEO Johan Andsjö en décembre, s’inscrit dans un contexte de compression de personnel, avec 67 départs volontaires enregistrés sur l’année.

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Olivier Rosenfeld, membre du conseil d’administration d’Iliad Free, a été un des artisans, aux côtés de Xavier Niel, du succès de l’opérateur sur le marché français dans les années 2000. Aujourd’hui administrateur de Salt, il revient sur la difficile transition de l’ancien Orange Suisse et éclaircit certains doutes.

Les synergies à l’œuvre entre Free et Salt font envisager l’intervention directe de techniciens français sur le territoire suisse. Est-ce une possibilité?

Olivier Rosenfeld: Synergie est un mot «fourre-tout». 

Ce qui nous intéresse, ce sont les transferts de compétences. Il y a eu une transition des systèmes d’information qui s’est mal passée il y a deux ans. Free dispose d’une très bonne expertise en la matière et est en mesure de guider les ingénieurs de Salt. L’idée n’est pas de recourir à des compétences externes, mais au contraire d’internaliser, comme nous le faisons déjà pour la facturation, auparavant gérée depuis la Scandinavie. Stratégiquement, nous pensons qu’un opérateur doit gérer son réseau et son système d’informations. Salt recrute pour cela, mais comme l’opérateur historique accapare beaucoup de talents dans un contexte de plein-emploi, nous pouvons de manière ponctuelle appeler la France en renfort.  

Vous parlez de recrutements, pourtant Salt a connu 67 départs volontaires en 2015.

O.R.: L’un n’empêche pas l’autre. Quand nous avons repris Orange début 2015, nous avions un département marketing pléthorique de plus de 50 personnes. Que faisaient-elles? Depuis 2011, l’entreprise proposait la même offre de téléphonie mobile, une exception en Europe. En août 2015, nous l’avons entièrement revue, en proposant plus de simplicité et de transparence, avec les offres Salt Plus. 

Nous demandons aujourd’hui à nos employés de s’adapter, dans un contexte de transition. Orange avait été malmené, mais la direction a entièrement changé. La nomination d’Andreas Schönenberger comme CEO va dans le bon sens. Xavier Niel se déplace également chaque mois pour échanger avec les équipes de Salt et les guider.

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La nouvelle offre que vous évoquez a été perçue comme agressive en termes tarifaires. Contrairement aux annonces, Salt n’essaie-t-il pas de casser le marché?

O.R.: Non, pas du tout. Comme rien n’avait changé depuis plusieurs années, nous avons juste remis nos offres dans le marché. Nous les avons rendues plus lisibles pour nos clients. L’opérateur historique se plaint de la concurrence pour s’attirer la bienveillance des autorités, mais détient toujours plus de 60% du marché. En francs constants, ses résultats sont excellents. Par ailleurs, la portabilité est un processus assez lent en Suisse, et nos offres de fin d’année n’ont pu avoir aucun impact sur les résultats de l’opérateur historique. 

A la différence de ses concurrents, Salt ne communique plus de chiffres détaillés. Où en est-on?

O.R.: En tant que société non cotée, nous respectons les exigences de publications afférant aux obligations émises en mai 2015, mais nous ne souhaitons pas donner plus d’informations à nos concurrents. Pour les résultats annuels, nous vous donnons rendez-vous en avril.

La nomination d’un CEO alémanique a fait craindre un déménagement du siège social. Pouvez-vous nous confirmer son maintien à Renens?

O.R.: Il n’y a aucune ambiguïté sur ce sujet. Andreas Schönenberger officiera à Renens (VD). Salt conserve bien évidemment son bureau de représentation à Zurich.

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Joan Plancade
Joan Plancade

JOURNALISTE

Lui écrire

Diplômé du master en management de l’Ecole supérieure de Commerce de Nantes, Joan a exercé pendant sept ans dans le domaine du recrutement, auprès de plusieurs agences de placement en France et en Suisse romande. Collaborateur externe pour Bilan, Il travaille en particulier sur des sujets liés à l’entreprise, l’innovation et l’actualité économique.

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