Bilan

«On parle beaucoup avec mon père»

Anne-Laure, fille de Michel Parmigiani, a choisi il y a douze ans de rejoindre l’entreprise familiale. Une collaboration qui les a menés à surmonter une crise, pour le meilleur.

Anne-Laure est la fille aînée de Michel Parmigiani.

Crédits: Guillaume Perret/lundi13

Anne-Laure, fille de Michel Parmigiani, a rejoint l’entreprise il y a douze ans. Aujourd’hui, elle est chargée de produit, du dessin à la réalisation. Que ce soit pour les collections, les pièces uniques ou les horloges.  

Comment a commencé l’aventure dans l’entreprise de votre père?

Naturellement. Après ma formation à la section gravure de l’Ecole d’art de La Chaux-de-Fonds, j’ai entamé une formation de deux ans d’établi. Je voulais être dans le concret. A la même époque, l’entreprise Parmigiani recherchait un collaborateur au service client. Ce qui était une denrée rare. J’ai donc rejoint l’entreprise. C’était en 2004.

Est-ce compliqué de travailler avec son père?

Il y a des avantages et des inconvénients. 

A chaque aboutissement de projet, c’est comme une naissance. Et c’est beau de partager cela avec mon père. Quand il s’agit de l’entreprise familiale, tout nous tient davantage à cœur. On la porte dans nos tripes.  

Comment vivez-vous les moments de crise?

On parle beaucoup avec mon père, ce qui désamorce automatiquement la crise éventuelle. Notre relation est saine.  

Etes-vous en accord avec votre père quant à la stratégie d’entreprise?

Cette année a été une année charnière pour Parmigiani. Nous sommes retournés aux sources en mettant en avant notre savoir-faire. Je suis plus en accord avec cette stratégie qu’avec celle précédente, tournée vers le commercial. Une difficulté à surmonter nous a menés à nous asseoir autour de la table et à redéfinir la stratégie. Cette crise, c’était un mal pour un bien!  

Que ne feriez-vous pas comme lui?

Nous avons une personnalité différente. Mon père a tendance à épargner tout le monde. Il devrait être incisif.

Si vous aviez tenté l’aventure entrepreneuriale, votre père vous aurait-il encouragée?

Bien sûr. D’ailleurs, j’ai été à mon compte durant un an, entre mes deux formations. Il m’a encouragée. Je vous avoue, cependant, que je préfère travailler en équipe. Seule devant mon établi, à la longue, cela m’aurait fichu le bourdon.

Il aurait été prêt à vous cautionner auprès des banques?

Certainement. Il se souvient encore du prêt bancaire de 30 000 fr. qu’il a eu un mal fou à obtenir pour acheter un tour, à l’époque de la grande crise horlogère. 

Enfant, quel est votre plus beau souvenir avec lui?

Lorsque mon père cuisinait la polenta et les lentilles au milieu de la forêt dans un chaudron en fonte, en automne. Un souvenir merveilleux!  

Anne-Marie Philippe

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