Bilan

«On donne de la niaque à nos jeunes»

Depuis septante ans, l’Organisation romande pour l’intégration et la formation (Orif) contribue à intégrer des jeunes et des adultes au bénéfice de l’AI dans le monde du travail.

Michel Guignard, directeur du centre Orif de Vernier (GE), et trois des 120 jeunes accueillis en formation.

Crédits: Nicolas Righetti/lundi13

Cela fait septante ans que l’association à but non lucratif  l’Orif (Organisation romande pour l’intégration et la formation professionnelle)  a pour mission de former et d’intégrer des personnes atteintes dans leur santé ou en difficulté psychologique dans le monde du travail. L’Orif? Ce sont dix sites répartis en Suisse romande, 461 collaborateurs, 2200 bénéficiaires de prestations pour un budget annuel d’environ 62 millions de francs. L’association à but non lucratif est mandatée par l’AI (assurance invalidité), les services d’aide sociale et les offices régionaux de placement.

Les bénéficiaires sont des jeunes et des adultes en rupture sociale, avec un parcours scolaire difficile ou ayant eu un problème durant leur parcours professionnel. Par exemple, un maçon victime de problèmes de dos ou un jeune ayant des troubles de l’attention ou un environnement familial difficile. «Beaucoup ont un grand potentiel d’insertion. Ça serait dommage de ne pas l’exploiter», explique Michel Guignard, directeur du centre Orif de Vernier (GE) qui accueille 120 jeunes en formation pour une intégration.

Ainsi, l’Orif contribue à bâtir des ponts, afin non seulement d’aider les jeunes et les adultes en difficulté, mais aussi de répondre aux nécessités du marché du travail. Tous les bénéficiaires sont accueillis par l’un des 10 centres (3 filières jeunes, 7 filières adultes) où ils sont formés en apprentissage. Ils commencent par une période d’orientation durant laquelle ils découvrent différents métiers. Ainsi, l’Orif Vernier offre douze possibilités de formation au total, parmi lesquelles carreleur, paysagiste, peintre en bâtiment ou encore boulanger-pâtissier. 

Puis les «apprentis» alternent ateliers, cours au sein des centres de formation professionnelle et travail en entreprise. En effet, l’association collabore avec près de 1500 PME et grandes entreprises de Suisse romande qui accueillent ces jeunes pour quelques semaines ou sur une plus longue durée. Dans ce dernier cas, l’Orif reste l’employeur des apprentis, ces derniers étant encadrés, durant leur apprentissage,
par des maîtres socioprofessionnels qui leur rendent régulièrement visite. 

A la fin, les bénéficiaires sont placés sur le marché du travail. En 2017, 80% des assurés jeunes et adultes qui avaient quitté l’Orif en 2015 étaient intégrés dans l’économie. «Nous parions sur l’avenir en intégrant ces jeunes dans le marché du travail, explique Michel Guignard. Aider financièrement ces personnes ne résout pas le problème de fond. Il faut donner à chacun l’opportunité de faire un travail utile pour la société et de se sentir respecté pour sa contribution.»  

Apprendre aussi le savoir-être

Outre le savoir-faire, les coaches au sein de l’association apprennent aux jeunes le savoir-être, comme «arriver à l’heure, respecter les autres, parfois même être polis.» En effet, les «soft skills» devenant pratiquement aussi importants que les connaissances techniques, la maîtrise des compétences sociales et relationnelles est devenue majeure.

«Notre plus grande fierté est de voir nos jeunes intégrer la vie professionnelle. On leur a souvent dit qu’ils étaient nuls à l’école et dans ce qu’ils faisaient, raconte le directeur du centre de Vernier. Beaucoup vivent aussi des situations familiales difficiles. On les récupère découragés. Notre objectif est de leur redonner confiance. Quand ils reçoivent leur diplôme AFP (attestation fédérale de formation professionnelle), ils sont tellement heureux et soulagés. Ils retrouvent de la dignité, de la niaque et de la fierté. Et ça, c’est notre plus grande satisfaction.» 

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