Bilan

«Nous voulons aider les startups face aux défis de l’entrepreneuriat»

Partager leur expérience commerciale avec de jeunes entrepreneurs et participer au dynamisme de la région sont des activités qu’apprécient les collaborateurs de Procter & Gamble, selon Sophie Blum, vice-présidente marketing de P&G Europe.

Sophie Blum, vice-présidente marketing de P&G Europe.

Vous avez lancé le 20 septembre la P&G Academy, qui résulte d'une stratégie mise en place depuis une décennie. Quelles startups sont éligibles pour ce business coaching?

Sophie Blum : A l’origine, notre programme de mentorat était destiné à des associations et des fondations caritatives. Il y a près de cinq ans, nous avons établi un partenariat avec l’association de soutien à l’entrepreneuriat GENILEM,laquelle nous aide à sélectionner les start-ups qui bénéficieront de notre business coaching. En parallèle, et depuis 2009, avec le Service de la Promotion Economique de Genève comme partenaire, nous avons organisé des forums sur l’innovation réunissant des acteurs de l’économie régionale, du monde académique et de l’innovation.  Née de ces différentes initiatives, la P&G Academy témoigne de notre volonté d’être un catalyseur dans l’écosystème économique genevois.

Nous privilégions une approche transversale, destinée aux start-ups de tous les secteurs d’activités. En effet, nos sessions de business coaching sont axées sur la commercialisation d’un produit ou d’un service. C’est là notre domaine de compétence clé mais aussi une nécessité immédiate pour tous les jeunes entrepreneurs.

Nous venons également de lancer un nouveau projet en partenariat avec BILAN, le « Baby Entrepreneurs Challenge 2017 ». Ce concours valorise les entrepreneurs romands de moins de 25 ans. Annoncés en mars 2017, les gagnants auront l’opportunité d’être formés par nos coaches et s’envoleront pour Tel Aviv, dans le cadre d’une visite exclusive de la P&G House of Innovation.

De quels types de conseils pourront bénéficier les startups qui passent par la P&G Academy?

Les collaborateurs de P&G sont des passionnés qui ont du plaisir à échanger avec des entrepreneurs romands et la volonté de partager leur expérience. Ils souhaitent les inspirer à penser autrement et stimuler de nouvelles approches pour résoudre les défis de l’entrepreneuriat, parmi lesquels les questions liées au positionnement, à la clientèle-cible, au processus de commercialisation, et à la communication notamment digitale.

Les retours spontanés ont toujours été positifs car nos sessions répondent à de vrais besoins pratiques chez les jeunes entrepreneurs.

Prévoyez-vous de prendre des participations dans certaines start-ups prometteuses?

Ce n’est pas la vocation de notre société. Cependant, nous avons intégré à notre vision Recherche & Développement le programme «Connect & Develop». Il a pour objectif de mettre en réseau P&G les esprits les plus créatifs et innovants parmi les entrepreneurs, startups, laboratoires et universités du monde entier. Lancé il y a une dizaine d’années, ce programme nous a permis de conclure plus de 2'000 contrats de partenariats. D’ailleurs, les startups intéressées sont invitées à soumettre leur proposition directement sur la plateforme www.pgconnectdevelop.com.

Y a-t-il des secteurs que vous souhaitez favoriser en particulier?

Actuellement, nous suivons avec intérêt les idées innovantes qui naissent dans les secteurs du e-business, de la technologie de pointe ou de la chaîne d’approvisionnement.

Ceci étant, des startups très variées sont conviées aux séances de coaching de P&G. En 2015 par exemple, nous avons formé la start-up Almondgy, qui propose une nutrition bio, basse en sucre et haute en nutriments. Elle dispose aujourd’hui d’un important réseau de distribution sur Genève, Vaud et Zurich, notamment dans les pharmacies, les fitness et les magasins bio. Elle est également fournisseur des Hôpitaux Universitaires de Genève.

CullyCully incarne aussi le cas intéressant d’une entreprise romande à vocation internationale, avec qui nous avons beaucoup travaillé sur l’identification des publics cibles. Elle produit des objets revisitant la Suisse, ses paysages et ses icônes. Elle est aujourd’hui bien présente dans les points de ventes romands et jusqu’à l’aéroport d’Abu Dhabi.

Quant à Voisins, une startup qui propose des espaces de coworking et des cafés, avec qui nous avions identifié les publics-cibles et la grille de prix, elle s’apprête à ouvrir en 2017 son troisième centre de coworking à la Praille.

Tous ces projets sont innovants et créent de la valeur pour la région.

Comment décririez-vous, sous forme d'exemples concrets, la culture d'innovation telle qu'elle se vit chez P&G?

L’innovation fait partie de l’ADN de Procter & Gamble. L’histoire de notre société repose sur notre capacité à améliorer sans cesse la qualité de vie de nos consommateurs en développant des produits de haute qualité, tels que Pampers, Ariel et Gillette. L’industrie dans laquelle nous opérons étant très compétitive, il nous faut constamment anticiper les besoins futurs et nous adapter.

C’est pour cela que plus de 8'000 chercheurs répartis sur les cinq continents dans des centres d’innovation s’engagent quotidiennement à mieux comprendre nos besoins à tout âge ou phase de notre vie.  Qu’il s’agisse de nouvelles molécules, de nouvelles technologies, de nouveaux modèles, nous créons et redéfinissons sans cesse de nouvelles catégories de produits. A cela s’ajoute notre programme d’open innovation « Connect & Develop » dont je vous parlais il y a un instant.

A Genève, nous collaborons avec d’autres entreprises de la région avec lesquelles nous innovons notamment au niveau des parfums pour les adoucissants Lenor ou les dentifrices Oral-B.

Genève et l’arc lémanique détiennent tous les éléments fondamentaux pour créer de l’innovation : des cerveaux, des idées, beaucoup de talents. Je suis convaincue que la région peut devenir un hub d’innovation global reconnu et P&G entend clairement apporter sa contribution à ce dynamisme. 

 

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

Du même auteur:

L'INSEAD délivre 40% de MBA en Asie
La bombe de la dette sera-t-elle désamorcée ?

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."