Bilan

«Mon père m’a transmis la niaque»

Caroline Moser dirige depuis plus de vingt ans l’agence de design fondée à Lausanne en 1974 par son père Jean-Pierre. Elle a su imprimer sa marque tout en conservant son esprit humaniste.

Caroline et Jean-Pierre Moser: «Nous avons toujours prôné les mêmes valeurs.»

Crédits: Dr

Caroline Moser est la directrice générale de l’entreprise Moser, experte en design et expressions visuelles des marques depuis quarante ans. Après son apprentissage et des expériences à l’étranger, elle a repris en 1994 les affaires de son père Jean-Pierre d’une main de maître. Aujourd’hui, la jeune quinqua, à la tête d’une quinzaine de collaborateurs, a le vent en poupe. 

Comment a commencé l’aventure dans l’entreprise de votre père?

J’ai depuis toujours été attirée par les métiers liés au design, à l’art, au graphisme, à l’architecture et à la photographie. En 1984, j’ai obtenu mon CFC de graphiste et je suis partie explorer d’autres horizons. J’ai choisi New York et j’ai pu étudier chez Grey et dans d’autres agences du pays. De retour en Suisse, je suis retournée travailler aux côtés de mon père et, petit à petit, j’ai apporté ma pierre à l’édifice.

Est-ce compliqué de travailler avec son père?

Non. Mon père et moi avons toujours prôné les mêmes valeurs, éthique et respect. Nous avons une façon identique de gérer les ressources humaines. Je suis proche des gens et j’aime l’esprit d’équipe. Grâce à l’échange, au dialogue, nous avons pu cheminer ensemble. Je pouvais lui parler, lui dire les choses. Si mon père ne m’avait pas laissé m’exprimer, ne m’avait pas comprise, je serais partie!  

Quels sont les conseils que votre père vous a donnés?

«Reste fidèle à toi-même, développe ta curiosité professionnelle, fais toujours comme tu le sens, suis ton intuition, ne te laisse pas influencer. Il faut oser !» J’ai beaucoup observé mon père. Il m’a transmis la «niaque» et la passion.

Avez-vous dû affronter des obstacles en tant que cheffe d’entreprise?

Comme beaucoup de personnes, j’ai dû faire face à une crise économique et me résoudre à resserrer notre équipe. C’était un choix entrepreneurial. Je dois faire également des choix stratégiques tous les jours. 

Pas facile de devoir licencier. Comment l’avez-vous vécu? 

Moser, c’est avant tout l’esprit de famille, personne n’aime se séparer de «sa» famille, c’est une décision difficile à prendre mais parfois salutaire pour l’entreprise. Ce changement nous a permis de nous positionner différemment. Notre équipe a gagné en simplicité et en compétitivité. 

Comment vivez-vous les conflits?

J’essaie surtout de ne pas les éviter. Il faut les affronter pour les résoudre et le dialogue constructif et positif a toujours été une ligne que j’applique dans ce type de situation. Trouver des solutions ensemble et rendre le team encore plus fort et déterminé.

Financièrement, est-ce quelquefois difficile?

Oui, c’est parfois difficile, mais il faut réfléchir à toutes les possibilités et solutions possibles. J’aime aussi improviser et prendre des risques. 

Votre père aurait-il été prêt à vous cautionner auprès des banques?

Un père ferait tout, dans la mesure du possible ! Mais jusqu’à ce jour, j’ai préféré être autonome, me battre seule, et lui prouver que je pouvais arriver sans lui.
Il m’a donné son amour, sa passion, son savoir-faire… Alors à moi de me débrouiller avec toutes ces bonnes
armes.  

Anne-Marie Philippe

Aucun titre

Lui écrire

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."