Bilan

«Mon père m’a dit: «Débrouille-toi!»

Romain Nicod vit à Londres, loin de l’empire immobilier de son père. Son témoignage inaugure une série autour des «fils de», ou comment se construire à l’ombre de parents qui ont réussi.

Bernard Nicod et son fils Romain, 32 ans.

Crédits: Dr

L’entrepreneur vaudois Bernard Nicod a trois enfants, de trois mères différentes. Il n’a jamais été marié. Deux de ses enfants, Grégoire, 18 ans, et Noralie, 12 ans, sont étudiants. Son fils aîné, Romain, 32 ans, est diplômé des universités d’Oxford et de Cambridge et négociant en produits raffinés à Londres. 

Romain, vous n’avez jamais eu envie de faire comme votre père?

Je suis très heureux dans mon métier. Il demande de l’entregent et du savoir-faire. Le déploiement de ces qualités me fascine. Et l’arbitrage à mettre en place pour une transaction demande de l’analyse et de l’intuition. C’est passionnant! 

Reprendre le groupe immobilier paternel ne vous a jamais traversé l’esprit?

Je vis à Londres depuis très longtemps. Il y a eu des problèmes familiaux dans le passé, mais je regarde vers l’avenir.

Pourquoi un choix de carrière aussi différent que celui de votre père?

Mon père aussi a fait un choix de carrière différent de celui de son père, grand professeur de médecine. Cela ne veut pas dire que l’immobilier ne m’intéresse pas. Bien au contraire! L’immobilier, c’est de l’arbitrage aussi! 

Quelles pourraient être vos ambitions futures dans ce domaine?

J’aimerais avoir un rôle à jouer, peut-être simplement une influence, dans le groupe Bernard Nicod. Même si j’ai conscience que mon père est inimitable. Il est d’une intelligence remarquable. Le cœur du groupe, c’est lui! Il faut assurer la pérennité de «l’empire» qu’il a bâti. Mais j’ai toujours dit à mon père, ce n’est pas le droit de sang qui prédomine, mais la compétence.

Imaginez-vous la possibilité de revenir en Suisse?

Pourquoi pas! Même si j’adore vivre à Londres. J’ai deux amours, le Royaume-Uni et la Suisse. Je suis prêt à mettre à profit mon expérience et à m’investir dans le domaine immobilier, d’une façon indépendante. Simplement ajouter ma pierre à l’édifice. Je peux amener des affaires au groupe Bernard Nicod en développant mes relations anglo-saxonnes. Sans pour cela imaginer quitter mon métier qui me passionne. 

Quelles sont les qualités dont vous auriez pu hériter de votre père?

Je suis un acharné du travail, comme lui! Et j’adore faire mon métier. Je crois avoir une bonne analyse et une faim de réussite.

Des défauts que vous n’auriez pas?

J’aime la stabilité en amour. Ce qui n’est pas vraiment son cas! (Rires.)

Que vous a-t-il inculqué comme valeurs d’entreprise?

Il m’a donné une leçon au début de ma carrière qui vaut son pesant d’or: «Débrouille-toi!» Et tout ce que j’ai obtenu, je ne le dois qu’à mon acharnement et mon travail. Mon père préconise: «Le travail, c’est dur, des larmes et du sang.»

Une force de frappe «génétique»?

La volonté, c’est la force de frappe. Le reste est mystère... 

Que ne feriez-vous pas comme lui?

A l’inverse de lui, je sais me servir de Google! (Rires.) Mon père a un ordinateur dans la tête, des piles de dossiers sur son bureau et une puissance de travail incroyable. A l’inverse de lui, je laisserai un peu plus de place à ma vie privée.

Anne-Marie Philippe

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