Bilan

«Mon père m’a appris la valeur des choses»

Si le pilote automobile Nicolas Prost a l’esprit de compétition, le sens de l’effort et de très fortes valeurs familiales, il le doit en partie à son père, le champion Alain Prost. Interview.
Crédits: DPPI

Nicolas Prost, fils aîné du quadruple champion du monde de formule 1, est pilote professionnel, comme son père. Aujourd’hui papa d’un petit garçon de 4 mois, il vit avec autant d’intensité sa vie sur les circuits que sa vie de famille.

Quel genre de papa était Alain Prost pour vous?

Mon père était très papa poule. Et quand il était à la maison, il ne faisait pas acte de présence, il était réellement présent! Il s’occupait de moi, venait me chercher à l’école, m’accompagnait au sport, m’encourageait. L’intensité de nos échanges, malgré ses nombreux déplacements, me permettait de ne pas être en manque.

Votre passion pour la compétition automobile vous a-t-elle été insufflée par votre père?

Non, pas directement. Mon père m’a surtout insufflé l’esprit de compétition et de l’effort. Dans le sport, j’étais impliqué dans le foot, le golf et le ski. Mon père ne m’a jamais démontré un souhait quelconque de me pousser dans la course automobile. 

Vous avez vécu un accident spectaculaire en Chine, en septembre 2014, avez-vous eu peur?

Non, je n’ai pas eu peur. C’était une collision. Le pilote allemand Nick Heidfeld est monté sur ma voiture avant le dernier virage. C’est surtout pour lui que j’ai eu peur!

Enfant, avez-vous eu peur pour votre père?

Je n’ai pas eu le temps d’avoir peur pour mon père, de prendre conscience du danger. J’étais trop petit. Il a arrêté la compétition lorsque j’avais 10 ans.

Quelles sont les qualités dont vous auriez pu hériter de lui?

J’ai, comme lui, le goût du travail! Et la détermination. Je persévère et je vais au bout des choses.

Lorsque vous vous êtes lancé en 2003 dans la course automobile, comment a réagi votre père?

J’avoue qu’il n’était ni chaud ni froid. Il aurait pu me dissuader ou carrément m’empêcher. Au départ, il a eu plutôt une attitude d’observateur. La réalité, c’est que mon père a attendu de voir si j’avais le talent et la détermination. 

Est-il un acteur financier de votre passion?

Il m’a un peu aidé financièrement dans les petites catégories, mais d’une façon raisonnée et intelligente. Il m’a aidé à trouver des sponsors. Il m’a ouvert certaines portes, m’a appris le professionnalisme et la gestion des sponsors, mais après c’était à moi de faire le travail!

Parlons chiffres. Combien a-t-il investi?

Comment donner un chiffre? Son investissement est resté modéré. C’était juste un coup de pouce qui m’a permis de mettre le pied à l’étrier.

Que vous a-t-il inculqué comme valeurs de vie?

Mon père a de très fortes valeurs de la famille, il aime que l’on soit tous réunis. Après, il m’a vraiment inculqué la valeur des choses. C’était une volonté de mon père mais aussi de ma mère. Les deux sont issus de familles d’immigrés. Mes grands-parents ont dû beaucoup travailler pour s’en sortir. Le goût du travail est inscrit dans l’esprit de notre famille. On sait que rien n’est gagné, jamais acquis.

Que ne feriez-vos pas comme lui?

La vie est tellement différente aujourd’hui! Comment juger celle de mon père? Je ne peux donc pas savoir ce que je ferais différemment. 

Anne-Marie Philippe

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