Bilan

«Mon père et moi, deux âmes sœurs»

Créatrice de bijoux, Arlène Bonnant évoque l’immense respect qu’elle éprouve pour son père, l’avocat Marc Bonnant. Interview.

Marc Bonnant et sa fille Arlène.

Crédits: Christine de Loe

Arlène Bonnant est créatrice des bijoux Caspita, inspirés des textes sacrés des spiritualités du monde entier.  Passionnée par l’art contemporain, elle admire les artistes car ils «traduisent le monde d’aujourd’hui. Ce sont à la fois des visionnaires et des prophètes». Une vision que ne partage pas son père Marc Bonnant, qui «déteste tout ce qui n’a pas de mots». Cela n’empêche pas ces deux personnalités d’être extrêmement proches.

Quel genre de père était-il pour vous?

Il m’inspirait une confiance éperdue. A 3 ans, j’aurais pu sauter du haut d’un mur s’il me l’avait demandé. Même sans le quotidien, tout me rattachait à lui. Un lien indéfectible et sublime. Je vivais comme si nous étions toujours ensemble.

Votre père, selon vous, transforme le lugubre en joie…

C’est ce qui m’enchante. Quand on parle des actions de justice du père de ma fille, il peut dire avant moi les pensées peu chrétiennes qui traversent mon esprit. 

Et, d’un coup, miraculeusement, les choses lourdes à mon cœur basculent dans la drôlerie!

Quelles sont les qualités dont vous auriez pu hériter de lui?

C’est déjà difficile d’identifier les siennes, comment parler des miennes? Je n’évoquerai pas l’intelligence de mon père, incontestable. Il a une bonté et une drôlerie à l’infini. Sans hériter de ses qualités, il m’a transmis le goût de l’effort, on se bat pour les choses et les êtres qu’on aime, pour ses idées, pour la justice. Mais aussi la curiosité et l’exigence intellectuelles. Toute pensée se justifie, se débat. Il m’a inculqué le respect, les égards et la bienveillance. Il n’émet aucun jugement de valeur et donne une chance aux êtres.

Lorsque vous avez lancé votre entreprise, votre père vous a-t-il encouragée?

Oui. Il pense que je peux tout faire, tout conquérir ! Mon père a toujours été un acteur important dans ma vie, dans tous les domaines, financiers ou autres. Il y met toute son âme. 

Combien a-t-il investi?

Moins que j’aurais souhaité! (rires.) Un chef d’entreprise doit toujours avoir un financement pour démarrer. Mais l’investissement ne doit pas être lié aux liens du sang et de l’amour.

Peut-on parler d’un million?

Non. En revanche, nous pourrions parler d’un million, voire deux, pour de futurs investisseurs. Cela nous permettrait d’être plus à l’aise sur le plan de la trésorerie, d’avoir des actions marketing musclées et d’imaginer plus rapidement de nouvelles collections. J’aimerais créer les symboles des 24 lettres de l’alphabet original des runes nordiques, donner «corps» aux divinations sacrées.

Que vous a-t-il inculqué comme valeurs d’entreprise ou de vie?

Mon père n’est pas un homme d’affaires. Nous n’avons jamais parlé d’argent à la maison. C’est vulgaire de connaître le prix des choses. Son bonheur? Lire au milieu d’une famille apaisée. 

Vous n’êtes pas mariée, le modèle de votre père est-il introuvable?

Je ne suis pas mariée et ne rêve pas de l’être. J’ai une petite fille de 3 ans et demi qui me comble et m’émerveille chaque jour. Oui, j’ai déjà été amoureuse. Mais je ne cacherai pas que mon père prend une immense place dans ma vie et peu d’hommes acceptent cela. Mon père et moi, âmes sœurs? Certainement.

Anne-Marie Philippe

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