Bilan

«Le gratuit numérique a fait ses preuves»

Christoph Tonini, CEO de Tamedia, note que les activités numériques contribuent désormais pour moitié à la rentabilité opérationnelle du groupe.

Christoph Tonini a été élu manager médias de l’année 2016 par «Schweizer Journalist».

Crédits: Dr

Comment imaginez-vous la consommation d’informations d’ici à trente ans? Les lecteurs passeront-ils essentiellement par les réseaux sociaux?

Il est difficile de pouvoir imaginer comment les utilisateurs consommeront l’information dans trente ans. La branche dans laquelle nous évoluons se transforme de manière si rapide depuis quelques années que l’échéance à trente ans semble très lointaine. Néanmoins, même si les réseaux sociaux d’aujourd’hui ou de demain joueront un rôle toujours plus important en tant que diffuseurs d’information, les médias de qualité sauront tirer leur épingle du jeu.

Pour Tamedia (propriétaire de Bilan, ndlr), ces médias gratuits ou payants, imprimés ou numériques, font clairement partie de notre activité première. Avec nos marques fortes dans le domaine des médias régionaux et avec 20 minutes, marque de news leader en Suisse, ainsi que nos développements dans les gratuits au Luxembourg, Danemark et récemment en Autriche, nous sommes ainsi bien positionnés pour proposer une information pertinente aux lecteurs.

A quel pourcentage le lecteur s’informera-t-il sur des supports numériques, versus papier?

Dans trente ans, les médias imprimés proposeront des offres de niche. Concernant Tamedia, les médias imprimés sont toujours très importants, mais nous nous développons aujourd’hui uniquement dans le numérique. En 2016, pour la première fois dans l’histoire de notre groupe, nous réalisons la moitié de notre bénéfice d’exploitation avec des activités numériques au premier semestre.

Avec 20 minutes, par exemple, nous prouvons que nous pouvons également enregistrer de bons résultats avec le journalisme numérique, en étant exclusivement financés par la publicité. Un chiffre très éloquent à mon sens: aujourd’hui, 40% des visites recensées en Suisse sont issues de nos sites et de ceux auxquels nous participons, dont une grande partie de 20 minutes

Les sites d’information seront-ils très diversifiés et l’offre très fragmentée, ou au contraire verra-t-on une concentration sur quelques sites d’information crédibles, à très gros trafic?

Aujourd’hui, l’offre de news est assez fragmentée, due à des avancées technologiques et à une explosion du type de supports ces dernières années. Demain, il est possible que nous assistions à une concentration de plateformes d’information, qu’elles soient gratuites ou payantes. Pour Tamedia, si nous sommes très bien positionnés sur le marché des gratuits comme expliqué avec 20 minutes en Suisse, nous devons encore progresser dans le domaine des abonnements en ligne.

Nous touchons aujourd’hui beaucoup d’utilisateurs sur l’ensemble de nos plateformes de news en Suisse, mais cela ne nous permet pas encore de les convertir en nombre suffisant de nouveaux abonnés. Nous avons ainsi engagé une réflexion afin de proposer des services supplémentaires aux utilisateurs, en plus des news. Ces services doivent être suffisamment attractifs pour que nos lectrices et lecteurs les paient. Le nombre de marques digitales gérées aujourd’hui par Tamedia permet en tous les cas au groupe d’avoir une position exceptionnelle sur le marché, que nous devons maintenant exploiter par une consolidation permanente.  

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

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