Bilan

«J’ai parfois souffert d’être un Freysinger»

Yoann, 24 ans, fils d’Oskar Freysinger, conseiller d’Etat valaisan, est manager du centre de sport Olympica à Brigue (VS). Il raconte comment il a grandi à l’ombre d’un père très médiatique.
Crédits: Sedrik Nemethi

Coach sportif, Yoann Freysinger a remporté de nombreux tournois de badminton. «Grâce à ce sport, j’ai pu exister vraiment», explique le fils du conseiller d’Etat valaisan Oskar Freysinger.

Un père comme le vôtre, avec une telle personnalité, n’est-ce pas lourd pour un fils?

Cela n’a pas toujours été facile. Surtout lorsque j’avais 12-13 ans et que je fréquentais l’école. L’UDC était le mouton noir du canton du Valais. Mes camarades de classe, influencés par les parents, me rejetaient. Et quand je jouais au foot, on me laissait sur le banc. J’étais le fils Freysinger et on me le faisait payer. J’en ai souffert. 

Mais je dois reconnaître que le fait d’être le fils Freysinger m’a donné aussi quelques avantages. Mon père a pu me recommander pour un stage de bottier orthopédiste lorsque je cherchais ma voie professionnelle.

Avez-vous eu besoin de prendre une direction très différente comme le sport pour vous démarquer?

Non. J’ai le sport dans la peau. C’est ma passion. Grâce au badminton, j’ai pu me faire un prénom en gagnant des tournois. J’avoue être mauvais perdant. Et mon
père aussi. Quand on joue à la pétanque, s’il perd, on voit les boules voler!

Vous souvenez-vous du feu criminel mis à votre maison familiale?

Je m’en souviens. Je devais avoir 8-9 ans. Par chance, cette nuit-là, mes sœurs et moi étions chez nos grands-parents. Mes parents, eux, étaient l’un dans une assemblée, l’autre au travail au Penalty, une boîte de jeunes. C’était un choc. Mon père pleurait. J’étais trop petit pour prendre conscience des choses, mais j’ai senti qu’il avait pris un sérieux coup sur la tête. Il a voulu renoncer. Pour sa famille. Mais ma mère lui a dit : «Si tu abandonnes, ils auront gagné!»

Vous n’avez pas été tenté par la politique alors que vous y avez baigné depuis votre plus tendre enfance?

Mon père a commencé la politique assez tard, à 37 ans. Il avait dit: «Je ne ferai jamais de politique» et vous voyez le résultat (rires). Je suis encore jeune,
je m’engagerai peut-être lorsque je serai plus âgé. J’appuie déjà l’UDC Valais.

Enfant, vous a-t-il manqué?

Il était peut-être absent, mais j’ai beaucoup appris de lui. Mon père m’a enseigné par l’exemple des valeurs qui se sont ancrées en moi. Ne jamais baisser les bras, aller au bout des choses, combattre… Mon père a donné son âme et son corps à la Suisse! C’est clair qu’il m’a manqué, mais l’amour qu’il partage avec ma mère est si exceptionnel. On dirait qu’ils ont 20 ans. Par les temps qui courent, c’est incroyable.

Des défauts qui vous dérangent chez lui?

Mon père est superoccupé. Son engagement politique, mais aussi car il écrit des livres, des comédies musicales. Alors quand on lui parle, son cerveau continue
à s’activer. Je dois le rappeler à l’ordre: «Papa, tu m’écoutes?» 

Comme votre père, vous aimez une certaine visibilité médiatique… 

Oui, je l’avoue. Quand la presse s’intéresse à mes exploits sportifs ou que je peux être interviewé, cela me fait plaisir.

Que ne feriez-vous pas comme lui? 

Je ne me laisserai pas pousser la queue de cheval!  

Anne-Marie Philippe

Aucun titre

Lui écrire

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."