Bilan

«Il faut 160 000 visiteurs pour couvrir les frais»

Après avoir monté «Toutankhamon» à Genève, non sans sueurs froides, la société Opus One relance la machine à flot avec «Titanic».

Vincent Sager, directeur d’Opus One.

Crédits: Meylan/EOL

L’équipe d’Opus One produit les plus grands spectacles et groupes en Suisse romande; elle se met maintenant à la production de «méga-expos». Interview de son directeur, Vincent Sager. 

Après «Toutankhamon», quel constat? Le business des mégaexpos est-il rentable?

Avec «Toutankhamon», nous avions des objectifs. Ils ont été atteints, mais plutôt sur le tard que sur le tôt. Les gens ont pris leur temps et à la fin on ne savait plus où les mettre! On a eu peur au début, les premières semaines étaient assez inquiétantes, mais nous avons été rassurés sur le tard. Plein de gens s’engouffrent dans ce trend en proposant des mégaexpos. Mais c’est le projet qui fait l’intérêt. On initie ce genre d’événement quand il y a une vraie histoire, un vrai contenu à raconter. Ce qui n’est de loin pas toujours le cas.

Avec «Titanic», vous lancez maintenant la deuxième expo blockbuster en Suisse romande, vous avez des attentes économiques?

Monter un tel projet représente un budget de l’ordre de 3  millions. C’est un coût important. Avec un billet d’entrée relativement bon marché, il faut donc beaucoup de visiteurs pour espérer couvrir les frais d’une telle opération. A Genève, il faudrait 160 000 visiteurs pour couvrir ces frais.

Comment se calcule ce coût de 3  millions?

Les coûts dépendent des villes et des pays. Vous avez des salaires et la location de surfaces importantes: 5000  m2 pendant près de cinq mois! A côté de ces frais, il faut encore ajouter les infrastructures locales, la promotion et le marketing. Une megaexpo se loue à ses propriétaires soit sur la base d’un loyer fixe, soit avec un loyer minimum garanti et un pourcentage sur le chiffre d’affaires de l’expo.  

Y a-t-il une formule magique qui garantisse un engouement du public?

Qu’il s’agisse de spectacle, d’humour, de concert, de comédie musicale, ou d’une exposition comme «Titanic», on n’a jamais aucune garantie scientifique que cela marchera. C’est affaire d’intuition, de bon sens et aussi de chance. Ce serait trop beau, quoique sans doute un peu ennuyeux de tout savoir en avance. Par ailleurs, ce qui marche aux Etats-Unis ou à Zurich ne marchera pas forcément ici, et réciproquement. On a produit «Batman Live» il y a quelques années. Ça a été un échec retentissant, alors que beaucoup prédisaient un succès énorme.

Le nouveau business des mégaexpos globales implique-t-il le même travail que pour des tournées de concert?

Non, ça n’a rien à voir, ni en matière d’ampleur ni en durée. Un spectacle se compte en heures. La temporalité d’une exposition est différente. «Toutankhamon» est restée 110  jours à Genève. La complexité de mise en œuvre de ce genre de projet est souvent prise en charge par les organisateurs de concert, c’est vrai, car nous maîtrisons le savoir-faire logistique et organisationnel nécessaire.

Aux Etats-Unis, vous trouvez énormément de science centers, dans lesquels sont présentées des expositions temporaires. On y est dans le registre de l’«edutainment», à mi-chemin entre l’éducatif et le divertissement, ou entre le culturel et les loisirs. Les science centers sont conçus pour accueillir ce genre d’expos. Nous n’avons pas ce genre de structures en Europe. 

Didier Bonvin

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