Bilan

«Etre un fils Chaplin ouvre des portes»

Alors que le musée consacré à son père sera inauguré ce printemps, Eugène Chaplin, 62 ans, raconte l’amour qui animait ses parents et les valeurs humanistes dont il a hérité.

Lors du mariage d’Eugène en 1974. Son père décédera en 1977.

Crédits: ASL

Fils de Charlie Chaplin, Eugène, 62 ans, a démarré sa carrière comme régisseur de scène. Il est producteur et président du Festival du cirque près de Montréal, au Canada. Il reste fasciné par l’amour que se portaient ses deux parents.  

Avec un père comme le vôtre, un monument de talent, comment peut-on se faire une vraie place dans la vie?

Ce n’était pas trop difficile. On n’est pas tous le fils de quelqu’un d’hyperconnu. Et la majorité du monde l’adore. J’en ressentais une certaine fierté! Evidemment, cela ouvre des portes mais, ensuite, seul le travail fait la différence.

Quel est votre plus beau souvenir avec votre père?

La vision de mon père et ma mère ensemble! Ils s’aimaient énormément et se le démontraient. C’était une bulle agréable et exceptionnelle. J’ai longtemps pensé que le mariage c’était ça. Mon père et ma mère étaient tellement heureux! Ils étaient toujours ensemble. Chaplin, c’était le travailleur, l’homme qui savait, l’homme difficile. Quand il a rencontré ma mère, tout a basculé dans le bonheur. Et à partir de là, il n’a rien pu faire sans elle. Il lui demandait son avis sur tout. Lorsque j’ai vécu une engueulade avec ma petite amie, j’ai été choqué. Je ne pensais pas cela était possible.

Quelles valeurs de vie vous a-t-il transmises?

La valeur de l’amour ! Mon père avait 52 ans quand il a rencontré ma mère, alors âgée de 17 ans. Ils sont restés mariés plus de trente ans et ont eu 8 enfants. L’essentiel, c’est d’être heureux! Je suis émerveillé de la beauté de la vie de Chaplin, après avoir vécu l’orphelinat à Londres et une mère démente. Le génie de mon père, jouir de la vie! C’était un grand humaniste. Il a toujours prôné l’amour des autres.

Vous a-t-il manqué dans votre tendre enfance?

Oui et non. Quand il est décédé, j’avais 24 ans. C’est à cette période qu’il m’a réellement manqué. Durant deux ans, je n’ai cessé de faire des rêves où je partageais des choses avec lui. Le réveil était cruel! Ma mère est partie dix ans après lui. Ne plus avoir ses parents, c’est se retrouver seul face aux responsabilités de la vie.

Quel genre de papa était-il?

Notre vie était très organisée. Nous dînions à une heure précise, toujours ensemble. Après le repas, nous jouions au football. Banal. Au manoir, la journée, mes deux parents travaillaient. Ma mère s’occupait de la maison, mon père de ses créations. 

Que pourriez-vous lui reprocher?

De ne pas nous avoir inculqué le sens des affaires.  

De quoi rêvait-il pour vous?

Il espérait que ses enfants soient médecin ou avocat. Mais il n’a exercé aucune pression. Mes sept frères et sœurs ont fait du cinéma; je suis le seul à aimer produire des spectacles. 

L’héritage de votre père vous a-t-il permis une certaine liberté financière?

Oui, d’une certaine manière. Avoir un père connu vous permet de rencontrer plein de gens. Difficile, cependant, de faire la différence entre ceux qui sont sincères et les autres. C’est une grande école de la vie.

Quelles sont les qualités dont vous auriez pu hériter de votre père?

Le côté humaniste. J’y suis très sensible. 

Que ne feriez-vous pas comme lui?

La vérité, c’est que je n’en ai aucune idée. Il aurait fallu vouloir être lui et je n’ai jamais eu cette ambition! 

Anne-Marie Philippe

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