Bilan

«Bottled Life» se trompe de cible

Cinéma N’est pas Michael Moore qui veut!

Le procès à charge contre Nestlé sur le commerce de l’eau de source instruit par le cinéaste Urs Schnell et le journaliste Res Gehriger dans leur documentaire Bottled Life laisse le public sur sa faim. Pire, ceux-ci se trompent de cible. Au Pakistan et au Nigeria, deux pays dans lesquels le leader mondial de l’eau en bouteille écoule sa marque Pure Life, ce n’est pas tant Nestlé qu’il faut critiquer mais plutôt l’incurie de gouvernements incapables de fournir de l’eau potable à leur population. Plusieurs scènes du film montrent d’ailleurs les conséquences funestes de l’inertie étatique dans ce domaine. Un enjeu pourtant vital pour des centaines de millions d’individus dans le monde qu’auraient pu décrypter Urs Schnell et Res Gehriger. Au lieu de dénoncer ce scandale, ils ont préféré consacrer plus de la moitié de leur documentaire au conflit qui opposait Nestlé à des citoyens de l’Etat du Maine aux Etats-Unis. Lesquels lui déniaient le droit de pomper de l’eau de source pour la revendre. Même si la puissance de la multinationale est redoutable, ce sont tout de même les consommateurs américains qui décident d’acheter de l’eau en bouteille plutôt que de boire l’eau du robinet. Avec ses 67 marques, Nestlé a réalisé un chiffre d’affaires de 9 milliards de francs en 2010 avec 31 000 collaborateurs. Elle ne fait pas de la philanthropie! [JPB]

Sylvie Bernaudon

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