Bilan

50'000 clients d’Assura passent à la caisse

La caisse-maladie romande augmente les primes d’assurance hospitalisation pour couvrir la hausse des prestations. La Finma indique que les provisions d’Assura étaient insuffisantes pour couvrir ses coûts.

La caisse-maladie indique qu'elle devra à nouveau augmenter les primes des assurances hospitalisation si la hausse des coûts se poursuit.

Crédits: Keystone

C'est une mauvaise nouvelle qu’ont reçue environ 50'000 clients d’Assura. Dans un courrier, cette caisse-maladie leur annonce un relèvement substantiel de leurs primes d’assurances complémentaires hospitalisation Optima, Optima Plus, Priveco, Priveco Plus et Ultra. Cette hausse, qui entre en vigueur au 1er janvier 2021, concerne les personnes âgées de 26 ans ans.

Selon Assura, elle atteint 46 francs en moyenne, mais elle peut s’élever jusqu’à 70 francs selon le type d’assurance et l’âge du client. Dans certains cas, cette augmentation signifie un renchérissement de plus de 60% des primes. Les assurés sont surpris par la communication d’Assura. Environ un mois auparavant, ils ont reçu un courrier leur indiquant qu’il n’y aura pas de modification de primes en 2021.

Des complémentaires attractives

Les personnes touchées ont contracté ces assurances en raison de leur attractivité. La prime fixée à l’âge de souscription est garantie à vie. On parle alors d’un produit fermé. Depuis 2012, Assura a retiré ses assurances de la vente. Mais elle conservait la clientèle acquise dans son portefeuille.

Or, comme l’explique Karin Devalte, responsable de la communication d’Assura, «le tarif de ces assurances hospitalisation n’est pas suffisant pour financer l’ensemble des prestations couvertes. Aujourd’hui nous y consacrons de nouveaux montants significatifs et demandons la participation des assurés concernés via une augmentation des tarifs.»

Plus les assurés vieillissent, plus leur demande de prestations augmente et plus cela coûte en effet à Assura. C’est d’autant plus le cas si le nombre de jeunes assurés s’avère insuffisant pour compenser les risques découlant de la clientèle plus âgée. Dans le courrier adressé à ses clients, la caisse-maladie indique que «cette lacune de financement est aujourd’hui comblée via les marges d’autres produits d’assurance, ce qui doit être corrigé.»

Des provisions insuffisantes

Ces nouvelles primes ont reçu l’aval de la Finma, l’autorité fédérale de surveillance des marchés financiers. «Un nouveau calcul des provisions de vieillesse chez Assura a révélé que les provisions étaient insuffisantes parce que Assura a supposé de futurs coûts trop faibles. En particulier, les assurés de l'assurance-maladie complémentaire avec garantie du maintien de l'âge d'entrée ont payé des primes trop faibles. Assura a alors déposé une demande d'augmentation des primes auprès de la Finma», indique à Bilan son porte-parole Vinzenz Mathys.

«Par conséquent, affirme ce dernier, la Finma a pris des mesures concernant ces produits d'assurance-maladie complémentaire. Elle a exigé qu'Assura renforce les provisions de vieillesse afin qu'Assura puisse assurer le respect de ses engagements, en particulier en ce qui concerne le maintien de l'âge d'entrée garanti contractuellement. Cela se fera, d'une part, en utilisant les fonds propres d'Assura et, d'autre part, en augmentant les primes pour les assurés. Ces mesures permettent de garantir qu'aucune des personnes ayant une assurance complémentaire auprès d'Assura ne perde sa couverture d'assurance.»

Nouvelle hausse envisageable

Dès lors, plusieurs options s’offrent à un assuré. Celui-ci peut continuer de bénéficier de son assurance en s’acquittant de la nouvelle prime. Dans ce cas, Assura affirme que «malgré l’augmentation annoncée, les assurances- hospitalisation concernées restent très compétitives par rapport aux autres offres du marché.» L’assuré a aussi la possibilité de résilier son assurance ou opter pour une assurance plus récente «avec droit de libre passage si la couverture est équivalente.»

Dans son courrier à ses clients, la caisse-maladie indique qu’elle procédera à de nouvelles adaptations tarifaires en cas de hausse des coûts d’hospitalisation.

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix BZ du journalisme local 1991, Prix Jean Dumur 1998, AgroPrix 2005 et 2019.

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