Bilan

«La mauvaise hygiène dentaire coûte des centaines de milliards de dollars»

La Suisse abrite plusieurs spécialistes de produits d’hygiène buccale. Parmi ceux-ci, la société familiale Curaden, basée à Kriens (LU), qui fabrique des dizaines de millions de brosses à dent par an. Interview de Christine Breitschmid, directrice commerciale et petite-fille du fondateur de l’entreprise créée en 1954.

Christine Breitschmid. 95% des brosses à dent de Curaden sont exportées à l'étranger.

Crédits: DR

Combien de brosses à dents fabriquez-vous par année?

Christine Breitschmid: Curaden en fabrique plusieurs dizaines de millions dont 95% sont exportées, notamment au Brésil, en République tchèque, en Slovaquie et en Slovénie. Les 5% restants sont vendus en Suisse.

Avez-vous souffert l’an dernier durant le lockdown?

Nous avons eu de la chance, car nos points de vente (les pharmacies notamment) sont restés ouverts. Seuls certains dentistes – qui vendent nos produits – ont fermé. Cela nous a permis de maintenir un chiffre d’affaires presque identique à celui de 2019. Cependant, étant donné que nous exportons beaucoup, nous sommes toujours tributaires de l’évolution du marché des changes… Et le franc fort nous pénalise forcément.

Comment innovez-vous dans votre secteur?

Nous ne lançons pas de nouvelles brosses à dents chaque année. Nous innovons cependant régulièrement avec nos couleurs, nos formes et le nombre de filaments ajoutés dans nos brosses à dents. En 2019, nous avons lancé une ligne de dentifrices avec des formules non agressives pour les gencives. Nous souhaitons apporter du plaisir, de la couleur et des parfums différents à nos clients, grâce à notre collaboration avec Givaudan. On va aussi sortir prochainement un bain de bouche sans ingrédients chimiques qui n’use pas les dents.

Combien coûte à la société la mauvaise hygiène dentaire?

Les coûts de traitement directs dus aux maladies dentaires dans le monde ont été estimés à 298 milliards de dollars par an. Les coûts indirects (absentéisme au travail) s’élèvent à 144 milliards de dollars par an. L’impact économique mondial des maladies dentaires s’est ainsi élevé à 442 milliards en 2010, chiffre qui doit être bien plus élevé aujourd’hui.

Quel est le secret pour avoir des dents saines?

Utiliser une brosse à dents douce mais dense et une brossette interdentaire. Le secret est de combiner un produit juste avec une technique correcte.

Comment expliquez-vous que la Suisse se soit imposée depuis des dizaines d’années dans le secteur des produits d’hygiène dentaire?

La Suisse a commencé plus tôt (avec le professeur Mülhebach) que les autres pays à lutter contre la carie, maladie apparue avec l’arrivée des aliments sucrés dans les années 1960.


En suisse

(DR)

Le chiffre d’affaires du segment des soins dentaires sera d’environ 249 millions de francs en 2021 selon le site statista.com. Soit environ 30 francs par personne. Cela comprend bains de bouche, dentifrices, brosses à dents manuelles et fils dentaires (les brosses à dents électriques sont exclues de ces chiffres).
En Suisse, le leader du secteur est le groupe Trisa à Triengen (LU) fondé en 1887. Dirigé par la 4e génération de la famille Pfenniger, il emploie environ 1100 personnes. Le groupe produit un million de brosses à dents chaque jour et collabore avec les plus grands distributeurs dans plus de 80 pays. Trisa sert aussi de sous-traitant à plusieurs grandes multinationales du secteur comme Signal ou Colgate.
Autre acteur en Suisse: le fabricant Esro à Kilchberg (ZH), créé en 1969, qui commercialise la marque Paro dans 25 pays.
Enfin, Migros (avec les marques M-Budget, M-Classic et Candida) ainsi que Coop (avec Dentamed, JaMaDu et Prix Garantie) sont également des fabricants importants de produits d’hygiène dentaire.


Chantal De Senger
Chantal de Senger

JOURNALISTE

Lui écrire

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève (IHEID) en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l'Université de Genève. Après avoir hésité à travailler dans une organisation internationale, elle décide de débuter sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Depuis 2010, Chantal est journaliste pour le magazine Bilan. Elle contribue aux grands dossiers de couverture, réalise avec passion des portraits d'entrepreneurs, met en avant les PME et les startups de la région romande. En grande amatrice de vin et de gastronomie, elle a lancé le supplément Au fil du goût, encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal est depuis 2019 rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan et responsable du hors série national Luxe by Bilan et Luxe by Finanz und Wirtschaft.

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