Bilan

Workstop, premier coworking non urbain de Suisse

Un nouvel espace de coworking vient d’être lancé à Bogis-Bossey, dans le district de Nyon. Objectif : se rapprocher des coworkers plutôt que de miser sur les centres-villes.

Avec près de 100’000 habitants dans le district de Nyon, auquel appartient Bogis-Bossey, ce type d’espaces fait du sens.

Crédits: WorkStop / Olivier Evard

«Vous allez voir: de l’extérieur on n’imagine pas du tout qu’il y a un espace de coworking à cette adresse!», m’a-t-on indiqué avant mon arrivée chez Workstop. Mon interlocuteur n’avait pas tort: niché dans la verdure de Bogis-Bossey, ce choix d’emplacement tranche avec ceux majoritairement choisis par les espaces de coworking, habitués des hypercentres ou des quartiers à forte densité de bureaux. 

Workstop revendique ainsi sa position de «spremier espace de coworking non urbain de Suisse». Inauguré officiellement cette semaine, les participants de la soirée de lancement ont pu entendre les partages d’expériences de Daniel Rossellat, entrepreneur et syndic de Nyon, Gregory Logan, entrepreneur et fondateur de The Shared Brain, mais aussi de Geneviève Morand, pionnière du coworking en Suisse.  

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Pour Daniel Rossellat, la création de places de travail dans la région fait partie des priorités. Si le district compte plusieurs grandes entreprises, de nombreux résidents pendulent encore vers Genève ou Lausanne. Les espaces de coworking font partie des solutions. La Ville de Nyon va d’ailleurs soutenir le lancement d’un futur espace de coworking cet été, en finançant quelques places pour des personnes qui souhaitent se lancer dans l’entrepreneuriat, ou qui sont à la recherche d’un nouvel emploi ou projet professionnel par exemple. 

Projet entrepreneurial 

Si Workstop est fier d’être non-urbain, son accessibilité et son aménagement n’ont toutefois rien à envier à ses confrères : situé à quelques minutes d’une sortie d’autoroute et en face d’un arrêt de bus, l’équipement informatique y est haut de gamme et l’architecture d’intérieur travaillée. L’ambiance est cosy et lumineuse, entre les grandes tables de style industriel réalisées sur-mesure, les murs de brique chaleureux et les espaces de travail modulables (open space, cabines vitrées insonorisées, salles de réunion ou de formation etc).  

Derrière ce projet: Tarek Almagbaly. L’entrepreneur est à la tête de l’entreprise Ekspert, PME d’une quarantaine de collaborateurs spécialisée dans l’outsourcing de la comptabilité et des gestion des salaires, dont les bureaux jouxtent l’espace de coworking. « C’est un vieux rêve que je réalise avec cet espace de coworking. J’ai toujours été un adepte du travail collaboratif et communautaire».

Pour l’entrepreneur, il s’agit aussi d’une question de mobilité et de proximité. Avec près de 100’000 habitants dans le district de Nyon, auquel appartient Bogis-Bossey, ce type d’espaces fait du sens. « Nous avons une cinquantaine de places de travail pour une surface de plus de 350 m2. Nous avons déjà des coworkers qui vont nous rejoindre et espérons en accueillir une trentaine d’ici la fin de l’année ».

« Supplément d’âme »

Geneviève Morand, considérée comme une pionnière du coworking en Suisse se réjouit de l’essor de ces espaces. Pour celle qui est aussi l’auteur du livre « Coworking : réenchanter le travail », ce modèle permet une vraie découverte de soi, en se confrontant à soi-même et en retrouvant du sens dans son travail. Les liens qui se tissent entre les coworkers sont également un atout. 

Pour Tarek Almagbaly, c’est aussi un aspect essentiel car « le lieu ne fait pas tout ». L’idée est donc de créer des moments de cohésion et d’échanges. « Que ce soit des petits déjeuners communautaires ou des activités sportives par exemple. Il faut tester des idées ». Pour lui, le coworking permet également d’apporter une solution à la « double peine » de l’entrepreneur aujourd’hui, où à la solitude de l’entrepreneuriat s’ajoute la solitude du home office. Ce qui n’empêche pas les salariés d’avoir aussi leur place dans un tel lieu : entre les « slashers » (qui cumulent plusieurs activités), les salariés qui travaillent à temps partiel ou ceux qui bénéficient du télétravail, les profils intéressés par le coworking sont larges. 

C’est aussi l’avis de Gregory Logan, un habitué des espaces de coworking où sont régulièrement organisé les événements de The Shared Brain, avec un concept hybride entre brainstorming et consulting communautaire. Lancé en 2016 à Lausanne, le réseau rayonne aujourd’hui dans toute la Suisse romande et au-delà. 

Marjorie Thery
Marjorie Théry

JOURNALISTE À BILAN

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