Bilan

Volkswagen: les Romands s'allient aux Européens

La Fédération romande des consommateurs lance une action collective en Allemagne dans le cadre du scandale Volkswagen.
  • La procédure vise à déterminer si VW et AMAG ont trompé les automobilistes et donc violé le droit helvétique.

    Crédits: Keystone
  • D'après les calculs de l'organisation, les clients lésés ont payé en moyenne 15% de trop. 

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La Fédération romande des consommateurs (FRC) a adopté une stratégie différente de celle de la Fondation alémanique des consommateurs (FKS) dans le cadre du scandale Volkswagen. Elle a choisi la voie proposée par sa faîtière européenne, le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC).


La FRC s'associe à plusieurs associations de consommateurs en Europe. Depuis lundi, les clients lésés peuvent s'inscrire sur la plate-forme myRight via le site frc.ch afin de prendre part à cette action, a indiqué l'association dans un communiqué.

L'action regroupe des victimes de nombreux pays européens et est menée par l'étude d'avocats Hausfeld. En Allemagne, plus de 40'000 personnes se sont déjà inscrites sur cette plate-forme.

La décision de participer à cette action a été prise en partenariat avec le BEUC qui a étudié les différentes options disponibles et qui estime que celle-ci est la plus prometteuse, explique la FRC.

Plainte à Zurich

L'action est gratuite et sans risque, souligne l'association de défense des consommateurs. En cas d'échec, myRight assume tous les risques.

Le but de la FRC est de faire condamner VW à verser un dédommagement aux clients lésés, comme le géant allemand a dû le faire aux Etats-Unis. L'association adopte une stratégie différente de son homologue alémanique SKS.

Cette dernière a porté plainte jeudi dernier à Zurich contre le groupe allemand et Amag. La procédure vise à déterminer si VW et l'importateur Amag ont trompé les automobilistes et donc violé le droit helvétique.

Si tel est le cas, la SKS réclame des indemnités entre 3000 et 7000 francs par véhicule, en guise de dommages et intérêts. Les voitures affectées par la tromperie ont perdu de leur valeur, justifie la fondation. A ses yeux, une remise en état du logiciel truqué ne suffit pas.

Mettre la pression

Agir au siège du constructeur aux côtés de nombreux consommateurs européens permettra d'exercer une pression importante sur le groupe VW et d'augmenter la probabilité d'obtenir un dédommagement, estime pour sa part la FRC.

"C'est une lutte à armes égales qu'il faut mener contre le groupe allemand pour se voir indemniser", affirme Sophie Michaud Gigon, secrétaire générale de la FRC. "Mais nos démarches sont complémentaires, il s'agit de tisser une toile d'araignée", déclarait la semaine passée l'association.

Aux Etats-Unis, Volkswagen a dû payer quelque 22 milliards de dollars (20,6 milliards de francs) d'amendes pour avoir équipé ses voitures diesel de logiciels visant à déjouer les contrôles anti-pollution. Et les conducteurs des véhicules concernés peuvent obtenir plus de 5000 dollars de compensation. En Europe, l'entreprise a toutefois refusé toute solution.

Démasqué par les autorités grâce à une organisation non gouvernementale (ONG), Volkswagen a reconnu, fin 2015, avoir équipé 11 millions de ses voitures dans le monde d'un logiciel minimisant le niveau réel des émissions de gaz nocifs lors des contrôles de pollution. Le scandale a touché quelque 180'000 véhicules en Suisse.

Les consommateurs alémaniques exigent des indemnités 

La Fondation alémanique des consommateurs exige des indemnités pour les Suisses touchés par le scandale Volkswagen. Elle a porté plainte jeudi à Zurich contre le groupe allemand et Amag, l'importateur de VW en Suisse.

La procédure vise à déterminer si VW et AMAG ont trompé les automobilistes et donc violé le droit helvétique, souligne jeudi l'organisation dans un communiqué. Si tel est le cas, l'association réclame des indemnités entre 3000 et 7000 francs par véhicule, en guise de dommages et intérêts.

Les voitures affectées par la tromperie ont perdu de leur valeur, justifie la fondation. A ses yeux, une remise en état du logiciel truqué ne suffit pas. D'après les calculs de l'organisation, les clients lésés ont payé en moyenne 15% de trop. Cela représente un montant entre 3000 et 7000 francs, selon le prix d'achat du véhicule.

Près de 2000 personnes ont fait part, cet été, de leur intérêt à prendre part à la procédure initiée par la SKS. Un formulaire d'inscription sur le site internet de l'association permet aux propriétaires des véhicules concernés par le scandale de se joindre à la plainte collective.

Le recours collectif pour ce genre d'affaires n'existe pas en Suisse. L'association a donc développé, en collaboration avec des avocats spécialisés, son propre concept juridique, combinant divers instruments légaux.

Pour être prises en compte, les demandes d'indemnisation doivent être soumises avant la fin de cette année car à partir de janvier 2018, il y a un risque de prescription. Les clients romands peuvent toutefois aussi participer à la procédure de la SKS.

Aux Etats-Unis, Volkswagen a dû payer quelque 22 milliards de dollars (20,8 milliards de francs) d'amendes pour avoir équipé ses voitures diesel de logiciels visant à déjouer les contrôles anti-pollution. Et les conducteurs des véhicules concernés peuvent obtenir plus de 5000 dollars (4727,65 francs) de compensation. En Europe, l'entreprise a toutefois refusé toute solution, dénonçait mi-juin la fondation.

 

 

 

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