Bilan

USA: la reprise de la consommation toujours menacée par le coronavirus

Les Américains ont retrouvé en mai leur traditionnel appétit pour la consommation mais la première économie du monde est encore loin de se remettre du marasme provoqué par la pandémie de Covid-19 avec l'apparition de nouveaux foyers de la maladie.

Le Congrès avait adopté fin mars un énorme plan d'aide d'urgence de plus de 2.000 milliards de dollars, appelé CARES Act.

Crédits: AFP

Les dépenses de consommation des ménages ont enregistré une hausse de 8,2%, un record pour un seul mois, largement stimulée par les aides gouvernementales, a annoncé vendredi le département du Travail.

C'est un signe encourageant dans la mesure où la consommation est le principal moteur de croissance des Etats-Unis, comptant à hauteur de 70% du Produit intérieur brut.

"Mais ne vous y trompez pas, le rebond n'a été que partiel et largement soutenu par l'injection massive de relance budgétaire en avril", ont résumé Gregory Daco et Lydia Boussour, économistes chez Oxford Economics dans une note.

Le Congrès avait adopté fin mars un énorme plan d'aide d'urgence de plus de 2.000 milliards de dollars, appelé CARES Act, destiné à atténuer l'impact de la crise pour les entreprises et les travailleurs américains les plus vulnérables.

Outre une hausse des allocations chômage, les ménages aux faibles revenus ont également reçu des chèques du gouvernement.

Si les dépenses enregistrées en mai sont en forte hausse, elles sont toujours inférieures de 11% à leurs niveaux d'avant-brise, observent les économistes.

Et l'incertitude est grande sur la manière dont les Américains vont réagir en termes de consommation alors que la pandémie regagne du terrain dans l'Ouest et le Sud.

Les Etats-Unis font de plus en plus de tests (plus de 640.000 en une journée rapportés jeudi, selon le Covid Tracking Project) mais le nombre de cas confirmés augmente à un rythme encore plus élevé depuis quelques semaines, accréditant la thèse d'une résurgence de la pandémie.

Californie, Arizona, Texas et Floride, des Etats très peuplés, sont au coeur de ce rebond.

Vendredi, le gouverneur du Texas s'est même résolu à ordonner la fermeture des bars dès midi après une flambée de cas.

Un coup dur pour la reprise économique.

Sans surprise, la peur des consommateurs apparaît dans les enquêtes sur la confiance des ménages.

Confiance des consommateurs mitigée

Celle-ci s'est certes améliorée en juin mais moins que prévu, selon l'estimation finale de l'enquête de l'Université du Michigan publiée vendredi.

L'indice général de confiance des consommateurs s'est établi à 78,1 points en juin contre 72,3 points en mai.

La hausse est historiquement forte mais c'est un peu moins qu'escompté par les analystes (78,8). Et l'amélioration a surtout été marquée dans la première moitié du mois (78,9 points) avant une nouvelle vague d'infections par le coronavirus.

La plupart des consommateurs estiment que les conditions économiques pourraient difficilement être pires après la récente fermeture de l'économie, note Richard Curtin, l'économiste en chef chargé de l'enquête, dans un communiqué.

Mais les Américains notent aussi que la croissance à venir est "étroitement" liée aux progrès réalisés pour endiguer le coronavirus.

Or, "la réouverture rapide de l'économie a sans aucun doute rétabli les emplois et les revenus, mais elle s'est produite au prix probable d'une légère augmentation de la propagation du virus", résume l'économiste.

Là où la pandémie ressurgit, la confiance s'est ainsi peu améliorée, dans le Sud (+0,5 point) ou dans l'Ouest (+3,3 points) contre une hausse record de 19,1 points dans le Nord-Est là où la maladie semble maîtrisée.

Richard Curtin souligne que "la résurgence du virus va s'accompagner d'une baisse de la demande des consommateurs parmi les résidents des régions du Sud et de l'Ouest et pourrait même tempérer les réactions des consommateurs du Nord-Est".

Il exhorte le gouvernement à prendre des mesures budgétaires supplémentaires "pour soulager les difficultés financières".

L'enquête fait par ailleurs apparaître une érosion de la confiance dans les politiques économiques du gouvernement, qui est tombée "à son plus bas niveau depuis l'entrée en fonction de Trump" en janvier 2017.

"Le besoin de nouveaux programmes d'aide est urgent", conclut Richard Curtin, relevant qu'il faudrait le mettre en oeuvre avant que l'élection présidentielle ne domine le débat.

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