Bilan

Urs Bucher auditionné par Bruxelles sur l'initiative contre l'immigration

L'ambassadeur suisse auprès de l'UE, Urs Bucher, a eu l'occasion de présenter la question de l'immigration lors de la réunion des représentants des Vingt-Huit et de leurs homologues de l'AELE.

Au plan économique, la Suisse est le troisième plus important partenaire commercial de l'UE pour les marchandises et le second pour les services et les investissements.

Crédits: Keystone

L'ambassadeur suisse auprès de l'UE, Urs Bucher, a été entendu mardi par les représentants des Vingt-Huit notamment sur la mise en oeuvre de l'initiative "contre l'immigration de masse". On l'a écouté avec un "intérêt bienveillant", malgré l'aspect délicat du sujet.

Durant la réunion, M. Bucher a eu l'occasion de présenter la question de l'immigration dans un contexte plus large, a-t-il déclaré à la presse après son exposé devant les représentants des Vingt-Huit. Le diplomate a insisté lors de son exposé sur les relations fortes entre la Suisse et l'Union européenne (UE).

Au plan économique, la Suisse est le troisième plus important partenaire commercial de l'UE pour les marchandises et le second pour les services et les investissements.

"La Suisse est également un partenaire extrêmement important sur la question de la libre circulation", a-t-il lancé. Il a souligné dans ce contexte qu'environ 1,3 million de citoyens de l'UE vivent en Suisse et que 300'000 frontaliers traversent chaque jour la frontière.

Processus pas abouti

Selon le diplomate helvétique, plusieurs questions lui ont été posées quant au processus parlementaire sur le sujet de l'immigration de masse. Il n'a pu y répondre que "sous réserve", dans la mesure où ce processus n'a pas encore abouti.

C'est pourquoi les réactions de son auditoire ont été mesurées sur la solution de la préférence nationale "light" choisie par le Conseil national. Il y a trop de points d'interrogation, a-t-il expliqué.

Conclure un accord-cadre 

Selon le texte de son intervention, M. Bucher a appelé à ne pas perdre de vue "l'ensemble du tableau", même si l'agenda est dominé actuellement par la question de la libre circulation des personnes. Et de rappeler que "le Conseil fédéral souhaite continuer à négocier et conclure un accord-cadre institutionnel" régissant l'accès de la Suisse au marché unique européen.

Le diplomate helvétique a ainsi souligné le second point brûlant des relations Suisse-UE. Il a aussi rappelé l'équilibre à trouver entre d'une part la nécessité de pouvoir appliquer le droit européen de manière homogène et de continuer à le développer de manière dynamique, et d'autre part le maintien de la souveraineté de la Suisse, Etat non membre de l'UE. Le sujet n'a pas donné lieu à des questions de la part des représentants des Vingt-Huit.

A la fin de son intervention, Urs Bucher a "espéré qu'une solution soit trouvée dans ces deux domaines importants". C'est sur cette base qu'on veut poursuivre et développer les bonnes relations existantes, a-t-il ajouté.

Les représentants de l'UE rencontrent tous les deux ans leurs homologues de l'AELE (Association européenne de libre-échange). Les ambassadeurs de la Suisse, du Liechtenstein, de l'Islande et de la Norvège y sont ainsi auditionnés. Un rapport sur la réunion de mardi devrait être adopté en décembre.

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