Bilan

Une victime de Madoff perd son procès

Une ex-hôtesse de l'air qui avait perdu ses économies dans un fonds placé dans les sociétés de Bernard Madoff a été déboutée vendredi dans le procès qu'elle avait intenté à la Société Générale.
Non seulement cette victime indirecte de Madoff ne récupèrera pas son argent, mais en plus, la justice lui en réclame. Cette cliente demandait à la banque de lui rembourser les 110'000 euros (133'900 francs) qu'elle avait perdus et 100'000 euros de dommages et intérêts (environ 121'000 francs suisses). La 9e chambre civile du tribunal de grande instance de Paris l'a déboutée de l'intégralité de ses demandes et l'a condamnée à verser à la Société générale 3000 euros au titre des frais de justice.

La plaignante, Isabelle de la Seiglière, avait investi les dommages et intérêts qu'elle avait obtenus d'Air France après un accident du travail, dans le fonds luxembourgeois Luxalpha, en espérant se constituer un capital pour sa retraite. A l'audience, le 30 janvier dernier, son avocate, Me Simone Daul, avait estimé que la banque «avait les moyens d'éviter cet investissement catastrophique» à sa cliente, qui était à la Société Générale depuis 44 ans.

Elle lui reprochait de n'avoir pas joué son rôle de conseil. L'avocat de la banque, Me Antoine Maffei, avait quant à lui expliqué que comme «toute la place de Paris,» la Société Générale ignorait que les actifs de Luxalpha étaient investis dans des produits Madoff. La banque a «parfaitement tenu ses engagements» et avait même «déconseillé» cet investissement à la plaignante, avait-il fait valoir, ajoutant que le préjudice n'était pas établi, dans la mesure où les opérations de liquidation de Luxalpha ne sont pas clôturées.

Trop tard

La plaignante avait été conseillée par l'un de ses amis d'enfance, Patrick Littaye, cofondateur de la société Access International Advisors, dont l'un des gestionnaires, Thierry Magon de La Villehuchet, s'est suicidé dans les locaux new-yorkais de l'entreprise, devenant la première victime du scandale Madoff. M. Littaye lui avait proposé de souscrire des titres Luxalpha par l'intermédiaire de la Société Générale, ce qu'elle avait fait en juin et novembre 2006.Informée du scandale Madoff par un fax d'Access International Advisors le 13 décembre 2008, elle avait appris pour la première fois que les fonds souscrits avaient été investis dans la société du financier américain.

Elle avait alors ordonné la vente de ses titres Luxalpha mais il était déjà trop tard et ses actifs n'ont pas payés. Bernard Madoff a été condamné en 2009 à 150 ans de prison par la justice américaine pour une escroquerie, estimée entre 23 et plus de 65 milliards de dollars (si l'on prend en compte ou non les intérêts).
Marion Moussadek

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