Bilan

Une plateforme suisse publique-privée pour un chocolat plus durable

La plateforme Swiss Sustainable Cocoa vient d'être lancée à Berne. Réunissant plus de 40 institutions publiques et privées, elle veut promouvoir la durabilité dans la chaîne de valeur du cacao.
  • Les acteurs de la filière du cacao en Suisse s'engagent pour soutenir une production durable et responsable.

    Crédits: AFP
  • Lancement de l'association à Berne

    Crédits: Swiss Sustainable Cocoa Platform

Après le café ou l’or, la Confédération continue d’encourager la durabilité dans les matières premières, cette fois-ci avec le cacao. La plateforme Swiss Sustainable Cocoa a ainsi été lancée officiellement le 23 janvier, sous la forme d’une association à but non lucratif, basée à Berne. Elle s’est fixée l’objectif ambitieux d’atteindre le seuil de 80% de produits cacaoyers traités en Suisse issus de l’agriculture durable.

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Initiée par un partenariat entre la Confédération Suisse et le secteur privé, cette nouvelle plateforme réunit plus de 40 acteurs du cacao en Suisse, actifs du côté de la production, de la distribution, de la recherche et des ONG. La liste des membres, disponible sur le site de l’association, mentionne des noms comme Barry Callebaut Suisse, Chocolat Frey, Lindt & Sprüngli, Nestlé Suisse, Villars Maître Chocolatier et bien sûr la faitière Chocosuisse. On retrouve aussi l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, les coopératives Coop et Migros ou encore les distributeurs Aldi et Lidl. Le gouvernement fédéral est quant à lui représenté par le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO). 

Les cacaos fins ne représentent plus que 5% de la production mondiale

Chez Orfève à Genève, la plus petite entreprise de cette plateforme, 100% de la production est déjà considérée comme durable, puisque cette manufacture artisanale travaille exclusivement avec des plantations familiales et des petites coopératives, sélectionnées en fonction de critères éthiques et écologiques. A l’occasion du lancement de l’association, l’entreprise a rappelé dans un communiqué qu’il est également important de prendre en compte d’autres enjeux majeurs à l’avenir, comme le maintien de la biodiversité et la préservation des écosystèmes. 

Pour Orfève, il s’agit par exemple d’éviter que la perte de production et de revenus des producteurs (le temps de la transition en culture bio ou équitable) ne soit compensée par l’utilisation généralisée de certaines variétés de cacaoyers de qualité médiocre, comme le Mercedes en Côte d’Ivoire, nécessitant beaucoup d’intrants, et étant considérés comme destructeurs pour les variétés natives traditionnelles. 

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Les cacaos fins, de qualité supérieure, ne représentent plus que 5% de la production mondiale, contre 40 à 50% au début du XXème siècle, rappelle François-Xavier Mousin, à la tête d’Orfève. Pour lui, le label Swiss Made pour le chocolat doit être encore plus fort, afin de valoriser la qualité des cacaoyers. «Le chocolat est aussi riche que le vin, avec des terroirs et des arômes uniques. Malheureusement, le chocolat sert aujourd’hui majoritairement à réaliser des produits chocolatés industriels, additionnés de grandes quantités de sucres et de graisses». 

La Suisse compte seulement 1% de la transformation globale des produits cacaoyers, mais avec la présence sur son territoire de multinationales parmi les plus importantes du secteur, elle dispose d’un certain levier pour aller vers plus de durabilité et de qualité selon Orfève. 

Participer au programme mondial du cacao 

D’après le site officiel de l’association, cette démarche se donne également pour mission de contribuer à la mise en œuvre du programme mondial du cacao de l'Organisation internationale du cacao (ICCO) et renforcer les efforts visant à accroître la durabilité de la production et de la consommation. L’association précise que ce plan d'action a été adopté par l'Organisation internationale du cacao en 2012, lors de la première Conférence mondiale sur le cacao, à Abidjan. Le travail de la plateforme contribue également à la réalisation des objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies.

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Marjorie Thery
Marjorie Théry

JOURNALISTE À BILAN

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