Bilan

Une deuxième journée dans l'impasse pour l'OMC

La deuxième journée de la conférence ministérielle de l'OMC à Bali s'est ouverte mercredi sur une impasse.
Le commissaire européen au commerce Karel De Gucht a confié son pessimisme devant la presse concernant la conférence ministérielle de l'OMC à Bali, après des déclarations de l'Inde rejetant le texte sur la table.

«Je suis d'humeur maussade», a affirmé le commissaire européen. Il n'a pas caché que la question de la sécurité alimentaire n'est pas résolue et qu'en l'absence de solution sur le dossier agricole, aucun progrès ne peut avoir lieu.

«Il n'est pas possible d'envisager une solution permanente pour la sécurité alimentaire», a déclaré sans ambiguïté le commissaire européen, rejetant ainsi la revendication principale de l'Inde, réaffirmée peu avant par le ministre indien du commerce Anand Sharma.

«J'espère que l'Inde le réalise et va s'engager sur la voie du compromis», a affirmé le commissaire européen, en appelant l'Inde à montrer «la flexibilité nécessaire». A son avis, une solution est encore possible, tout en refusant d'en révéler les détails.

Refus de l'Inde

Le ministre indien a réaffirmé officiellement devant les délégués mercredi matin qu'il ne peut pas accepter le paquet de mesures actuellement sur la table.

«Les règles dépassées de l'OMC doivent être corrigées. Les provisions concernant les restrictions aux subventions agricoles ne peuvent pas être acceptées sous leur forme actuelle», a déclaré le ministre.

«Pour l'Inde, la sécurité alimentaire n'est pas négociable», a insisté le ministre. L'Inde veut mettre en oeuvre un programme visant à offrir à prix artificiellement bas des denrées alimentaires de base à plus de 800 millions de pauvres, en contravention avec ses obligations actuelles à l'OMC qui imposent un plafond de 10%.

Les Etats-Unis y sont opposés et ont proposé un compromis qui consisterait à offrir une «clause de paix» de quatre ans, selon laquelle aucune sanction ne serait adoptée contre les pays qui dépassent ce plafond de subventions. Mais Delhi et le groupe du G33 rejettent une période déterminée à l'avance, préférant qu'une telle execption coure «jusqu'à ce qu'une solution permanente négociée soit convenue», a expliqué Anand Sharma.

Concessions sur les autres points

Le commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht, a estimé que si une solution est trouvée sur la sécurité alimentaire, les autres points en suspens, notamment dans le dossier sur la facilitation du commerce, peuvent être résolus d'ici la fin de la conférence vendredi. L'UE est prête à faire des concessions sur ce dossier, a-t-il dit, pour faciliter un accord.

Le commissaire européen a averti que tous les pays perdront à un échec de la conférence, et que tous gagneront à un succès à Bali.. «Ne nous méprenons pas, c'est le sort de l'OMC et du système multilatéral dans son ensemble qui est en jeu», a déclaré Karel De Gucht.
Myriam Amara

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