Bilan

Une concurrence toujours plus vive pour attirer les multinationales

Les compagnies étrangères implantées en Suisse contribuent au PIB à hauteur de 12%. La Suisse se trouve face à des défis primordiaux pour maintenir son attractivité, selon une étude de KPMG.
  • Les multinationales représentent une manne d'emplois et d'activités économiques primordiales pour la région genevoise.

  • D'après la comparaison des taux d'imposition des entreprises sur le bénéfice, la Suisse est pour l'heure parmi les pays les plus avantageux au monde d'un point de vue fiscal.

  • Un quart des entreprises multinationales sont basées à Genève et dans la région lémanique. Un tiers d'entre elles se concentrent entre Zurich et le paradis fiscal de Zoug.

La présence des multinationales en Suisse contribue au PIB helvétique à hauteur de 12%. La Confédération réunit sur son territoire la plus forte concentration de compagnies figurant dans le Global Fortune 500, selon une étude réalisée par KPMG, en collaboration avec l’IMD World Competitiveness Center, Switzerland Global Enterprise ainsi que la Chambre de Commerce Suisse-Etats-Unis.

D’après le rapport présenté mardi à Zurich, plus de 850 compagnies sous contrôle étranger sont domiciliées en Suisse. Elles proviennent essentiellement d’Amérique du Nord, de l’Europe, du Japon et de la Chine. Ces firmes représentent près de 150 000 emplois hautement qualifiés directs, ainsi que 400 000 postes indirects dans les services judiciaires, financiers ou encore informatiques.

C’est dire si les activités en Suisse de P&G, HP et autres Google jouent un rôle important pour le dynamisme de l’économie nationale. Or, la Suisse est aujourd’hui à un moment charnière dans son histoire économique. «Les multinationales constituent des acteurs très mobiles et très courtisés par les autres pays. Aujourd’hui, il n’y a pas lieu d’être alarmiste mais la Suisse doit saisir les opportunités qui se présentent afin de renforcer ses atouts», plaide Martin Naville, directeur  de la Chambre de Commerce Suisse-Etats-Unis.

Système fiscal 

Arturo Bris, directeur de l’IMD World Competitiveness Center à Lausanne souligne : «Le principal avantage de la Suisse face à la concurrence, c’est son système fiscal.» En effet, 68% des entreprises sondées indiquent qu’un système fiscal suisse attractif est un motif d’implantation. La plupart d’entre elles profitent d’un statut fiscal spécial. Or le pessimisme règne sur ce point.

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Alors que les efforts déployés dans le cadre de la RIE III (réforme de l’imposition des entreprises) sont largement reconnus, une partie des sociétés doute que les décisions soient effectivement mises en œuvre. Seulement 42% des entreprises pensent qu’un système fiscal compétitif restera l’un des principaux atouts de la Suisse. En revanche, 58% sont convaincues que la Suisse devra adopter les standards de plus en plus restrictifs de l’Union européenne (UE) et de l’OCDE.

Autre préoccupation : les salaires des cadres moyens qui ont augmenté plus fortement que la productivité du travail par rapport à d’autres sites économiques. En outre, 47% des entreprises s’inquiètent des effets du cours de change qui grève l’économie domestique. La flexibilité des conditions de travail reste l’avantage déterminant qui compense les coûts de la main-d’œuvre. Mais sur cet aspect aussi, les entreprises sondées montrent des inquiétudes pour l’avenir.

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En regard de l’initiative du 9 février contre l’immigration de masse, les multinationales s’inquiètent des conséquences négatives d’une restriction de la libre-circulation des personnes avec (UE). Elles redoutent encore une perte d’attractivité pour les collaborateurs hautement qualifiés venant de pays tiers.

Nouveauté qui a surpris les auteurs de l’étude eux-mêmes, seule une minorité des entreprises étrangères considère la force d’innovation helvétique comme un critère de localisation. En revanche, la haute qualité de vie et les excellentes infrastructures différencient la Suisse pour des multinationales qui élisent domicile dans le voisinage de leurs concurrents, à proximité immédiate des aéroports internationaux.  

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Responsable du secteur du développement des entreprises chez KPMG, André Grüdel résume : «Le niveau des coûts en Suisse se profile comme le pire inconvénient. Pour compenser, les autorités doivent en priorité maintenir et améliorer la flexibilité des conditions-cadres sur le marché du travail, la souplesse du personnel, un environnement fiscal favorable et prévisible, ainsi qu’un accès sûr et pérenne aux marchés internationaux.»

 

 

 

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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