Bilan

Une commission veut brider les plateformes de type booking

Une commission soutient une motion pour que les hôtels puissent offrir des tarifs plus avantageux aux clients qui passent par leurs sites plutôt que par une plateforme de réservation en ligne.

Pour rappel, la COMCO a interdit aux plateformes de réservation en ligne d'imposer un tarif unique aux hôteliers. 

Crédits: Keystone

Les hôtels devraient pouvoir offrir des tarifs plus avantageux aux clients qui préfèrent passer par leurs sites que par une plateforme de réservation en ligne type booking.com. Après le Conseil des Etats, une commission du National soutient ce tour de vis.

La commission de l'économie du National recommande par 14 voix contre 9 à son plénum d'adopter une motion de Pirmin Bischof (PDC/SO). Le texte veut interdire les contrats qui imposent des clauses de parité tarifaire entre ces deux acteurs du tourisme.

Depuis juillet 2015, les hôtels ne peuvent plus proposer sur leur site web des offres plus avantageuses que sur les plateformes en vertu de ces clauses.

Soutien indirect au tourisme

Pour la majorité de la commission, ces clauses nuisent à la concurrence. Les interdire permettrait de soutenir le secteur du tourisme, qui souffre actuellement du franc fort.

La majorité juge également aberrant que l'hôtelier, qui fournit au client une prestation plus importante que le site internet, doive payer une commission qui peut atteindre plus de 12% du prix des nuitées et ne puisse librement décidé du prix affiché sur son propre site internet.

Finalement, tous les pays voisins ont interdit ces clauses restrictives ou sont en passe de le faire.

La minorité ne souhaite quant à elle pas limiter les "opportunités liées à la numérisation". Ces plateformes fournissent aux hôteliers des prestations de qualité et contribuent à leur visibilité. De plus, elles permettent d'avoir une vue d'ensemble des prix et de les comparer.

Elle remarque également que la commission de la concurrence (COMCO) suit la situation de près et n'hésitera pas à intervenir en cas de problème.

Le Conseil fédéral est opposé à la motion. Selon lui, il n'est pas certain que ces clauses de parité tarifaire limitent de manière injustifiée la concurrence. Les hôteliers peuvent toujours casser les prix lors des réservations par téléphone ou en faisant des offres à leurs clients membres. Johann Schneider-Ammann a cependant annoncé un rapport d'ici la fin de l'été.

Pas de tarif unique

Pour rappel, la COMCO a interdit aux plateformes de réservation en ligne d'imposer un tarif unique aux hôteliers. Le gendarme de la concurrence a examiné les clauses contractuelles de ces plateformes. Certaines d'entre elles ne permettaient pas aux hôteliers de fixer des prix plus bas ou d'offrir un nombre de chambres plus élevé sur d'autres canaux de communication.

La COMCO a jugé ces pratiques illégales. Elle les a interdites en octobre 2015. Mais n'a pas trouvé d'indices d'abus de position dominante. Booking.com et Expedia ont depuis adopté des clauses moins contraignantes. Celles-ci ne sont pas soumises à l'interdiction de la COMCO, même si le gendarme de la concurrence se réserve le droit d'agir à nouveau si besoin.

Le Surveillant des prix de la Confédération se penche également sur le cas booking.com. Le site de réservations fait l'objet d'une enquête qui étudie si les tarifs que paient à la plateforme les hôteliers traditionnels pour y figurer ainsi que les consommateurs ne sont pas abusifs.

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