Bilan

«Une révolution écologique est en marche»

Thomas Vellacott, CEO du WWF Suisse, salue une prise de conscience globale au niveau des enjeux climatiques. Par Mary Vakaridis

Thomas Vellacott, 48 ans, dirige le Fonds mondial pour la nature (WWF) depuis 2012.

Crédits: WWF

CEO du WWF Suisse depuis 2012, Thomas Vellacott (48 ans) affiche à ce poste un profil inattendu, puisqu’il a commencé sa carrière dans la banque. Né d’un père britannique et d’une mère suisse, ce polyglotte a grandi à Zurich. Il a étudié l’arabe, l’économie politique et les relations internationales. Il a acquis sa maîtrise du français pendant les deux ans qu’il a passés à Genève. Figure incontournable de la défense de l’environnement en Suisse, ce quadragénaire est aussi Fellow de la Royal Society of Arts en Grande-Bretagne.

Dans votre parcours, vous avez d’abord travaillé pour Citibank, à Londres, Genève et Zurich, puis pour le consultant McKinsey, également à Zurich. Et en 2001, vous avez rejoint le WWF Suisse. Comment s’explique ce cheminement?

Au départ, je n’avais aucun plan de carrière. Comme je m’intéressais au Moyen-Orient, j’ai étudié la politique et l’économie de cette région. Mon emploi dans une banque me permettait d‘approfondir mes connaissances en travaillant avec des clients arabes. Et puis j’ai bifurqué chez McKinsey, dans le conseil. Ce type de société permet d’accumuler rapidement des expériences dans des domaines très différents. En même temps, je me suis toujours intéressé à la nature. Je me suis engagé au WWF, parce que cette voie avait plus de sens pour moi. En 2001, le WWF cherchait quelqu’un qui puisse renforcer sa collaboration avec les entreprises. Mon profil correspondait bien à ce cahier des charges.

Pour vous, est-il possible de concilier écologie et capitalisme?

Le capitalisme comme le communisme sont des termes qui appartiennent au temps de la guerre froide. Ces concepts idéologiques ne nous servent pas à mieux comprendre les défis d’aujourd’hui ou à développer des solutions aux crises actuelles. Ce qui prédomine actuellement, ce sont des changements énormes dans le fonctionnement de l’économie, liés à la gestion des ressources.

De quels types de changement parlez-vous?

Nous vivons une période comparable à la révolution industrielle. L’énergie solaire et éolienne est maintenant, dans bien des cas, moins chère que les combustibles non renouvelables comme le pétrole, le charbon et le gaz. Les modèles économiques des banques ont longtemps sous-évalué, voire ignoré les risques environnementaux. Depuis deux ou trois ans, l’état d’esprit est en train de changer. Les citoyens comprennent qu’il ne s’agit pas seulement du sort des ours polaires, mais de celui de leurs propres enfants.

Quel est le rôle du WWF dans cette phase de transition?

Le rôle du WWF est de donner de l’orientation pour améliorer notre empreinte écologique, de soutenir les entreprises et de créer des alliances pour effectuer la transition. Cette démarche concerne tous les domaines: les transports, l’énergie, l’agriculture. S’ils vont dans le bon sens, les changements sont beaucoup trop lents, alors qu’il y a urgence.

En matière environnementale, la Suisse passe plutôt pour un bon élève. Dans quels domaines peut-elle mieux faire?

Il y a d’abord la surexploitation des ressources naturelles. Avec ce que consomment actuellement les habitants, il faudrait trois planètes pour satisfaire leurs besoins. La Suisse doit aussi améliorer la protection de la biodiversité. Un tiers des espèces sont menacées dans notre pays. Une proportion très élevée par rapport aux nations comparables.

A votre postulation, vous avez été choisi comme CEO du WWF Suisse parmi 274 candidats. Quel bilan tirez-vous après sept ans passés à ce poste?

L’impact des thématiques que nous défendons n’a cessé de croître. Il y a eu les grands mouvements des jeunes contre le réchauffement climatique. Au WWF, nous n’avons encore jamais accueilli autant de bénévoles.

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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