Bilan

Une ombre plane sur les petits aéroports

Beaucoup connaissaient des difficultés financières. Les embûches pour trouver des contrôleurs aériens couplées aux maigres subventions les poussent vers le tourisme d’affaires.

  • L’aéroport régional de Sion apporte des «retombées économiques importantes» pour l’ensemble du Valais, selon sa directrice, grâce aux voyages d’affaires notamment.

    Crédits: Fred Walzer
  • Guillaume Chassot, directeur de Payerne Airport inauguré en 2019.

    Crédits: Dr

L’utilité des aéroports régionaux est multiple. Ils permettent des voyages d’affaires, en plus de développer le tourisme. Pourtant, bon nombre de ces petites infrastructures ne pourraient survivre sans des soutiens clés. «Une gare est-elle rentable?», questionne Aline Bovier, directrice de l’Aéroport de Sion, avec une pointe de malice. Son parallèle avec les trains vise à montrer que certains points centraux se doivent d’être complétés avec une offre davantage locale.

Difficile de mesurer précisément l’impact d’un aéroport pour la région. La directrice parle de «retombées économiques importantes» pour l’ensemble du Valais, grâce aux voyages d’affaires notamment. Un créneau que l’aéropôle de Payerne développe beaucoup justement. «Nous sommes proches de tout et nous n’avons pas de difficulté à trouver des créneaux de décollage. C’est un gain de temps et de confidentialité pour beaucoup de voyageurs», raconte Guillaume Chassot, directeur de Payerne Airport. Preuve que cela fonctionne: l’infrastructure inaugurée en 2019 connaît une croissance constante. «De plus en plus de nouveaux opérateurs viennent», observe-t-il. Le tourisme demeure un levier de développement important. Si le Covid-19 a passablement gelé les offres, des aéroports comme celui des Eplatures, à La Chaux-de-Fonds, ou Sion, proposent des vols en Espagne ou en Corse. Reste à convaincre les clients des avantages logistiques, mais aussi à attirer les tour-opérateurs.

L’apport du militaire

Alors que plusieurs aéroports ont été pointés du doigt pour les difficultés qu’ils rencontrent – notamment à Berne et à La Chaux-de-Fonds –, d’autres parviennent à bénéficier de simplifications organisationnelles. A Payerne, Guillaume Chassot admet que la partie militaire de l’aéroport amène bien des synergies. «Les militaires mandatent Skyguide pour le contrôle aérien», explique-t-il avant d’ajouter que les coûts des vols civils sont directement payés au Département fédéral de la défense, de la population et des sports par Payerne Airport.

Du côté de Sion, la directrice insiste aussi sur l’importance de l’armée pour l’aéroport. «Nous restons un aéroport de dégagement pour l’armée. Celle-ci y effectue un tiers des contrôles aériens», détaille Aline Bovier. Quant aux gains directs de l’aéroport, ce sont les taxes d’atterrissage, de contrôles aériens et la vente de carburants. «A la base, un aéroport n’est pas rentable.» Au contraire de grandes structures comme Genève ou Zurich, qui disposent d’une part importante de revenus non aéronautiques grâce aux boutiques hors taxes et aux parkings, les aéroports régionaux représentent aussi une forme d’investissements. «Ils fournissent également une infrastructure importante pour la formation des nouveaux pilotes», affirme un porte-parole de Skyguide

L’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC) souligne les difficultés à mettre en place un réseau aéronautique en Suisse. La topographie du pays, le manque de passagers en correspondance ou encore la desserte en transports publics sont autant d’obstacles à la construction de nouveaux aéroports. S’impliquer dans les projets est donc compliqué pour l’OFAC. «N’étant pas propriétaire, la Confédération n’a qu’une influence indirecte sur les aérodromes (...).» Un document précise qu’il leur est donc difficile de planifier les infrastructures de la même manière que pour les routes nationales.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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