Bilan

Une étude tire à boulets rouges sur les fonds "verts"

Alors que grandit l'appétit des détenteurs de capitaux pour les placements répondant à des critères environnementaux, sociétaux et de gouvernance, les fonds estampillés "ESG" présentent un maigre avantage en matière de durabilité, en comparaison avec des outils d'investissements plus traditionels, selon une étude publiée lundi.

Mandaté par Greenpeace, l'agence genevo-zurichoise de notation spécialisée dans le domaine ESG s'est penché sur une cinquantaine de fonds proposés par des banques de détails.

Crédits: DR

"Il semble que, dans l'ensemble, les fonds durables ne démontrent une efficacité que pour le désengagement de sociétés impliquées dans des controverses environnementales majeures et non en termes d'amélioration de l'impact du portefeuille sur le climat et la durabilité", résume Inrate.

Mandaté par Greenpeace, l'agence genevo-zurichoise de notation spécialisée dans le domaine ESG s'est penché sur une cinquantaine de fonds proposés par des banques de détails et autorisés à la distribution en Suisse et au Luxembourg.

Sans le nommer précisément, l'étude met en exergue un fonds dont la raison sociale comprend les trois lettres les plus en vue du moment dans le monde de la finance, mais dont plus d'un tiers des avoirs est placé dans des activités jugées critiques et notamment dans le charbon et le pétrole.

Les auteurs du rapport attribuent néanmoins le faible écart entre fonds labellisés durables et fonds conventionnels plus à une immaturité du concept de durabilité qu'à un manque d'entrain des gérants de fonds à y réallouer les capitaux sous gestion.

Les méthodes et données utilisées pour la composition des portefeuilles pourraient ainsi n'avoir pas reflété fidèlement leur impact sur l'environnement et la société. Les rapports ESG fourni par les sociétés présentent quant à eux encore des lacunes et nécessitent généralement un passage en revue par un expert.

Inrate a en outre constaté un manque de transparence en matière d'impact mesurable et soupçonne de manière plus générale un manque de sensibilisation du secteur financier aux questions de durabilité.

Reste que ces lacunes cumulées pèsent sur la crédibilité des produits arborant les critères ESG, limitant leur potentiel commercial et ouvrant une brèche pour les risques réputationnels et juridiques que représente notamment le greenwashing.

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