Bilan

Un village entier du XIXe siècle à vendre aux Etats-Unis

Un village entier avec ses maisons, son église, ses magasins et son petit lac: Johnsonville, village-fantôme du Connecticut, est à vendre pour 800'000$.
  • Un village entier datant du XIXe siècle est à vendre dans le Connecticut.

    Crédits: Image: Auction.com
  • Transformé en parc d'attractions au début des années 1960, Johnsonville est un village-fantôme depuis la fin des années 1990.

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  • Commerces (ici le General Store des années 1850), mais aussi moulins, lieux de culte, maison et hangars sont encore debout.

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  • A l'abandon depuis plusieurs années, certaines bâtisses montrent des signes de délabrement importants.

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  • Johnsonville a connu son heure de gloire au milieu du XIXe siècle grâce à l'industrie de la corde et de la ficelle.

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  • Dans les années 1960, le millionnaire Raymond Schmitt avait transformé le village en parc d'attractions et un bateau à vapeur naviguait sur le plan d'eau.

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  • Raymond Schmitt avait fait venir des bâtisses d'autres villages et états américains, dont cette imposante villa de style victorien.

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Johnsonville, ses maisons de bois typiques du Connecticut, ses allées ombragées, son petit lac, ses magasins et son église: ce village du Nord-Est des Etats-Unis a tout du lieu de villégiature idéal. Sauf les habitants. Fondé au début des années 1830, Johnsonville est désormais un village-fantôme à vendre pour 800'000$, sur le site de transactions immobilières Auction.com.

Dans les années qui ont suivi la naissance du village, l'industrie de la corde et de la ficelle a permis une croissance rapide. Johnsonville a vu sa population passer de quelques familles à plusieurs centaines d'habitants. Mais dès la fin du XIXe siècle et jusqu'au milieu du XXe siècle, la concurrence de la production étrangère a peu à peu ruiné les entreprises locales et les moulins qui utilisaient la force du courant des rivières locales ont cessé de tourner à l'époque de la Grande Dépression. Le village s'est alors peu à peu vidé, mais sans que les maisons et autres bâtiments ne soient détruits. 

Au début des années 1960, le millionnaire Raymond Schmitt, qui avait fait fortune avec AGC Corporation, un équipementier de l'aéronautique, rachète l'ensemble du site, parcelle après parcelle. Il fait démonter des bâtiments issus d'autres villages et états américains, comme une chapelle ou encore une propriété de style victorien avec étables et haras. Si ce dernier accueille des mariages, le reste du village est transformé en parc d'attractions, avec un bateau à vapeur sur le plan d'eau local. A deux heures de New York ou de Boston, le village touristique séduit les amateurs de l'Amérique vintage pendant quelques années, avant de décliner. Le village apparaît encore dans le clip de River of Dreams, chantée par Billy Joel, en 1993.

 

Mais dès 1994, un désaccord entre Schmitt et les autorités locales sur la destination officielle des lieux et l'aménagement du site mène à la fermeture du parc. Raymond Schmitt meurt et 1998 et ses héritiers mettent Johnsonville en vente, d'abord le mobilier et les équipements, puis certaines propriétés et bâtiments. En 2008, une holding active dans le secteur hôtelier rachète les biens et entreprend de les restaurer pour les proposer à la location saisonnière ou annuelle. Mais des difficultés surgissent et le projet est définitivement abandonné en 2013. Les équipes télé de National Geographic TV tournent alors dans le village un épisode de leur saga Abandoned.

Un bien de 25 hectares et 133 bâtiments

Désormais, le village est donc à nouveau à vendre. Le prix peut sembler ridiculement bas pour un bien dont la surface totale est de 25 hectares avec 133 bâtiments datant tous du XIXe siècle. Mais l'annonce sur Auction.com précise que des travaux importants sont à prévoir, certaines bâtisses montrant des signes de délabrement avancé.

Lieu de tournage pour le cinéma, parc d'attractions, village de vacances: la situation comme le potentiel de Johnsonville, au milieu de l'Etat américain dont le revenu moyen par habitant est le plus élevé du pays, a des atouts pour séduire des investisseurs. Mais ceux-ci devront avoir les reins plus solides que les acquéreurs de 2008, qui avaient déboursé 2,9 millions de dollars, puis s'étaient retrouvés à court de capitaux quand il avait fallu financer les travaux sur place.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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