Bilan

Un prof sur deux vient de l’étranger

En 2012, le cap des 50% d’enseignants non suisses a été franchi. Lumière sur un phénomène qui croît de manière impressionnante et contribue à la qualité des Hautes Ecoles.
Crédits: Keystone

Jusqu’à 67% de professeurs étranger à HEC Lausanne! La globalisation n’a jamais autant touché le secteur académique. En Suisse, dans les années 1980, les effectifs de professeurs de Haute Ecole ne disposant pas du passeport à croix blanche atteignaient 25%. En 2012, le cap des 50% a été franchi. Cet indicateur important de l’attractivité de nos écoles devrait suivre la tendance de l’augmentation du nombre d’étudiants.

«La nationalité n’est en aucun cas un critère de recrutement», répètent en chœur les responsables interrogés par Bilan. Aux deux principaux attributs que sont les talents d’enseignant et de chercheur viennent s’ajouter des critères importants tels que le rayonnement, l’intégration dans le tissu régional ou encore la capacité à faire obtenir à l’école des contrats publics ou privés. 

Jean-Luc Veuthey, vice-recteur de l’Université de Genève, confirme que «ce qui importe est de trouver le meilleur candidat. Notre place dans les 70 meilleures universités du classement Shanghai nous fait bénéficier d’une certaine attractivité et donc d’une grande variété de candidatures.»

Signe que l’excellence passe par la diversité, la présence de professeurs et d’étudiants internationaux fait partie des critères de pondération non négligeables dans l’établissement des deux principaux classements académiques que sont Shanghai et Times. A noter que ces mêmes classements rendent les professeurs suisses ou formés en Suisse tout à fait concurrentiels sur le marché mondial. 

Largement tractée par la globalisation et la réforme de Bologne, la mobilité internationale des professeurs comporte de nombreux avantages. Daniel Schoenmann, secrétaire général de l’Université de Fribourg, relève à cet égard que «la diversité culturelle apportée par les professeurs étrangers est un atout incontestable pour nos étudiants». 

Favoriser l’intégration

Le revers de la médaille peut être des difficultés d’intégration. Kilian Stoffel, vice-recteur de l’Université de Neuchâtel, voit parfois ses nouvelles recrues être surprises par la proximité voulue par les étudiants, habitués à des classes de taille humaine. Ces différences culturelles peuvent créer des tensions et amènent parfois les professeurs à être accompagnés dans leurs premiers pas. 

Ainsi, Jörg Dietz, vice-doyen en charge du corps professoral et de la recherche à HEC Lausanne insiste sur la volonté d’une intégration à long terme. «Dans le cas où un candidat est désiré pour un poste mais rencontre des difficultés dans la langue d’enseignement, la faculté est en mesure de l’engager en tant que chercheur et de prévoir jusqu’à deux ans de renforcement linguistique avant de le présenter aux étudiants.» 

Cette mobilité ne devrait pas fléchir dans les prochaines années, bien au contraire. Le nombre d’étudiants augmente – 10% en un an à HEC Lausanne – et les universités expriment leur volonté de garder un taux d’encadrement stable, pilier essentiel d’un enseignement de qualité. Pour Kilian Stoffel, «le seul frein à la globalisation totale du recrutement réside dans l’existence de systèmes éducatifs différents, pas toujours compatibles avec les systèmes occidentaux».

C’est souvent le cas dans les pays en développement. Sans aller chercher aussi loin, la collaboration locale entre les universités peut encore être améliorée. Ainsi, un professeur de grande qualité pourrait faire le bonheur de plusieurs écoles suisses.

Yves Smadja

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