Bilan

Un deuxième tube routier sous le Gothard entraînerait pour les CFF des pertes en milliards

Le percement d'un deuxième tube routier sous le Gothard occasionnerait pour les CFF un manque à gagner annuel compris entre 53,7 et 161,2 millions de francs.

A l'horizon 2040, le manque à gagner dans les caisses des CFF "dépasserait le milliard de francs", affirment les auteurs de l'étude.

Crédits: Keystone

Le percement d'un deuxième tube routier sous le Gothard occasionnerait pour les CFF un manque à gagner annuel compris entre 53,7 et 161,2 mio CHF, du fait de son impact sur la rentabilité des nouvelles lignes ferroviaires alpines (NLFA). C'est ce que révèle une étude réalisée par l'institut Interface, publiée dimanche par l'Initiative des Alpes.

Selon quatre différents scénarios élaborés par Interface, un deuxième tunnel routier entraînerait un report des parcours du rail vers la route estimé entre 4000 et 12'000 par jour. A l'horizon 2040, le manque à gagner dans les caisses des CFF "dépasserait le milliard de francs", affirment les auteurs de l'étude.

L'association rappelle que l'ouverture du premier tunnel routier du Gothard en 1980 a eu de lourdes conséquences sur le trafic ferroviaire. Le nombre de passagers a été amputé de plus de moitié, alors que la quote-part de marchandises transportées sur le rail a été ramenée à 68%, contre plus de 90% avant l'ouverture du tunnel.

"Si l'on construit un deuxième tunnel routier sous le Gothard, les parts de marché susceptibles d'être reconquises par le chemin de fer grâce au tunnel de base (dont l'ouverture est prévue en 2016, ndr) fondront comme neige au soleil", avertit Jon Pult, président de l'Initiative des Alpes, cité dans un communiqué.

Le projet de percement d'un deuxième tube routier sous le Gothard, qui sera soumis en votation populaire le 28 février prochain, est plébiscité par les autorités et par les milieux économiques.

Mais il suscite également une vive résistance. Plus d'une cinquantaine d'organisations locales, régionales et nationales, dont l'Initiative des Alpes, ont manifesté leur opposition. Parmi les partis, le PS, les Verts et les Vert'libéraux se sont dits contraires au projet.

L'initiative des Alpes, acceptée en 1994, a ancré dans la constitution que l'espace alpin doit être protégé des conséquences négatives du trafic de transit. Les marchandises doivent être transportées d'une frontière à l'autre sur le rail, et les capacités des routes de transit dans l'espace alpin ne peuvent plus être accrues.

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