Bilan

Travailler en vacances pour se ressourcer

Construire des murs ou travailler à la ferme à l’étranger est un moyen de partir en vacances pour un prix raisonnable. Le bonus? Récupérer au lieu de ruminer.

Travailler durant ses vacances: une formule qui plaît de plus en plus.

Crédits: DR

Au bord de la plage, un sirop dans une main et un livre dans l’autre, l’ombre du travail plane. Au point que les vacances n’en sont plus. Si les stations balnéaires sont toujours aussi populaires en Suisse, certains voyageurs optent pour un autre type de vacances.

Le workaway (travailler ailleurs) permet de trouver un hôte qui a besoin d’aide et qui offre l’hébergement. Le voyageur propose lui de donner un coup de main dans un domaine, du travail à la ferme au babysitting.  «Souvent, il y a un changement de tâches. Avec par exemple un banquier qui s’essaie à la permaculture», explique Catherine Vasey, psychologue du travail spécialiste du burnout.

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Les adeptes du concept ont l’embarras du choix. Sur workaway.info, plus de 30’000 membres actifs proposent régulièrement un logement. Il y a ceux qui cherchent un interlocuteur japonais en Espagne, ceux qui construisent des refuges pour animaux ou encore ceux qui créent des jardins écologiques. Pourquoi s’imposer des contraintes en vacances, alors qu’elles permettent de se relâcher complètement ? Car la farniente est une erreur. «Il faut de la récupération active, comme les sportifs», affirme Catherine Vasey.

Elle estime que les avantages du workaway sont nombreux. «Cela permet de se sentir utile. De plus, un maçon voit quand son mur est construit, nous pas forcément. C’est très satisfaisant». Du côté des tendances, «Les ressortissants de l’Europe de l’Ouest et de la Grande-Bretagne recherchent le soleil et la plage en Asie. Les Européens de l’Est veulent du travail à l’Ouest et les Asiatiques veulent travailler en Europe» résume Duncan Ridgley, du site workingtraveller.com.

Enfin répondre à ses besoins

Tout est une question d’équilibre. Pour l’auteur du livre «Comment survivre au travail», le workaway permet d‘assouvir ses besoins. Elle cite notamment le besoin d’agir en accord avec ses valeurs, d’appartenir à un groupe ou encore de donner un sens à sa vie. La psychologue du travail voit de nombreuses personnes qui s’identifient à leur travail. «Je ne crois pas qu’on puisse être heureux au travail, mais on peut être heureux dans sa vie» lance Catherine Vasey avec une pointe d'insolence. Elle conseille de garder de l'énergie pour son propre développement personnel, plutôt que de jeter toutes ses forces dans sa vie professionnelle.

En plus de la satisfaction du travail accompli, ces programmes de volontariat à l’étranger permettent aussi d’ajouter quelques lignes au CV. «Cela a pour but de construire des bases pour sortir du volontariat et gagner de l’argent pour payer le reste du voyage, ou l’étendre d’un an. Après quand vous rentrez à la maison, vous avez des compétences pour un travail. C’est gagnant-gagnant sans temps perdu» plaide Duncan Ridgley.

Public bien différent des agences de voyage

Le secteur grandit vite. Workingtraveller.com observe une augmentation du secteur de près de 35% chaque année. «Les diplômes perdent de la valeur par rapport à de l’expérience de travail» affirme le patron du site. Ce type de voyage ne perturbe toutefois pas le marché des agences de voyage. «Les clients qui vont travailler pour le logement gratuit ne sont pas ceux qui passent par des agences de voyage» explique Walter Kunz, directeur de la Fédération Suisse du Voyage. Il différencie aussi la durée des séjours. Aller en station balnéaire nécessite rarement plus de quelques semaines là où le workaway s’étend davantage sur des mois.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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